# Debt, inflation and interest rates: a challenging balance
**Date de l'événement :** 04/03/2025
* Publié le 04/03/2025

**Écouter l'épisode :**
[Vidéo 1](https://player.ausha.co/?podcastId=ZG5Mlc9JqV5L&v=3&playerId=ausha-7MlV) 

## Description
It’s Davos season, and the 47 President of the United States has just been inaugurated. The road ahead is uncertain, with only informed speculation to guide expectations. Against this backdrop, in this episode of DebtTalks – recorded on January 29, 2025 –Paola Subacchi and **Isabelle Mateos y Lago** examine the relationship between monetary policy and sovereign debt. They discuss how central banks influence government borrowing costs and debt sustainability, particularly as policymakers navigate inflation and economic uncertainty. Changes in interest rates can either ease fiscal pressures or create new challenges for heavily indebted economies. The conversation delves into the current policy landscape, the impact of tightening or loosening monetary conditions, and the potential consequences for bond markets and public finances.  
  
Hosts & Guests:

*   **Paola Subacchi** is Professor of Political Economy, University of Bologna, and the Incoming Chair in Sovereign Debt and Finance at Sciences Po.
*   **Isabelle Mateos y Lago** is Group Chief Economist at BNP Paribas.

## Intervenant(s)
Isabelle Mateos y Lago

## Intervenant(s) secondaires
Paola Subacchi

### Date de publication de l'épisode
04/03/2025

### Famille(s) de contenu
`#Recherche` 

### Type(s) de ressource
`#Audio` 

### Discipline(s)
`#Économie` 

### Thématique(s)
`#Économies` `#Finance / investissement` 

### Langue(s)
`#Anglais` 

**Type(s) d'accès :** `#Accès libre` 

### Partenaire(s)
**[Chaire Dette souveraine](https://sources.sciencespo.fr/structure/chaire-dette-souveraine_40moovTX6wK9zZOqNxyS)** 


### Hébergeur(s)
`#Ausha` 

## Droits
Les ressources et les images visibles sur Sciences Po Sources sont susceptibles d’être protégées par un droit de propriété intellectuelle (comme par exemple un droit d’auteur ou une marque) qui peuvent appartenir à Sciences Po ou à des tiers. Pour plus de précisions notamment sur les usages autorisés et non autorisés, consulter les [Conditions Particulières d’Utilisation](https://sources.sciencespo.fr/p/cpu).


---
### Média externe associé : https://player.ausha.co/?podcastId=ZG5Mlc9JqV5L&v=3&playerId=ausha-7MlV

#### Résumé du média
<p>Isabelle Mateos y Lago, &eacute;conomiste en chef chez BNP Paribas, analyse l'impact des politiques mon&eacute;taires sur la dette souveraine. Elle souligne que la r&eacute;cente hausse de l'inflation mondiale, suivie d'un resserrement mon&eacute;taire brutal, a cr&eacute;&eacute; un contexte in&eacute;dit. Si l'inflation est globalement ma&icirc;tris&eacute;e, l'inflation des services, notamment li&eacute;e aux salaires, reste &eacute;lev&eacute;e. Fait notable, cette situation n'a pas entra&icirc;n&eacute; de r&eacute;cession majeure ni de forte hausse du ch&ocirc;mage, contrairement aux cycles pr&eacute;c&eacute;dents. L'impact de la politique mon&eacute;taire sur la dette d&eacute;pend du type de taux d'int&eacute;r&ecirc;t, fixe ou variable. Dans les &eacute;conomies &agrave; taux fixes, comme en France, l'effet du resserrement mon&eacute;taire est moins direct que dans des pays comme les &Eacute;tats-Unis ou le Royaume-Uni. La Banque Centrale Europ&eacute;enne (BCE) doit donc g&eacute;rer la "transmission" de sa politique mon&eacute;taire, en incitant les banques &agrave; r&eacute;percuter les variations de taux sur les emprunteurs et les &eacute;pargnants. Cette transmission peut &ecirc;tre entrav&eacute;e par des facteurs structurels du march&eacute; du cr&eacute;dit, comme le manque de concurrence entre les banques.</p>
<p>La discussion aborde ensuite la question du risque associ&eacute; &agrave; l'endettement. Pour les pays &eacute;mergents, emprunter en devises fortes comme le dollar am&eacute;ricain comporte un risque de change. Si leur monnaie se d&eacute;pr&eacute;cie, le poids de leur dette augmente m&eacute;caniquement. Ce risque est accru par l'absence de juridiction internationale en mati&egrave;re de dette souveraine, contrairement aux situations d'endettement priv&eacute;. Les cr&eacute;anciers &eacute;valuent donc la probabilit&eacute; de d&eacute;faut et appliquent une prime de risque, qui s'ajoute au taux d'int&eacute;r&ecirc;t de base. Les pays &eacute;mergents dont les monnaies sont peu liquides n'ont souvent d'autre choix que d'emprunter en devises fortes, ce qui rend leur dette plus difficile &agrave; g&eacute;rer. Ce probl&egrave;me est aggrav&eacute; si les emprunts financent des projets peu productifs ou de la consommation courante, plut&ocirc;t que des investissements &agrave; long terme.</p>
<p>L'incertitude autour des politiques am&eacute;ricaines (commerce, immigration, fiscalit&eacute;) complique les pr&eacute;visions concernant l'inflation et la politique mon&eacute;taire future. Si les &Eacute;tats-Unis adoptent des mesures protectionnistes ou expansionnistes, l'inflation pourrait repartir &agrave; la hausse, obligeant la R&eacute;serve f&eacute;d&eacute;rale am&eacute;ricaine &agrave; relever ses taux. Cette situation aurait des r&eacute;percussions mondiales, notamment sur les pays &eacute;mergents, dont les monnaies pourraient se d&eacute;pr&eacute;cier s'ils maintiennent des politiques mon&eacute;taires accommodantes.</p>
<p>Malgr&eacute; ces d&eacute;fis, Isabelle Mateos y Lago se montre optimiste quant &agrave; la coop&eacute;ration internationale. Elle observe que la plupart des pays restent attach&eacute;s &agrave; la mondialisation et au libre-&eacute;change, m&ecirc;me face au protectionnisme am&eacute;ricain. Si la politique mon&eacute;taire am&eacute;ricaine influence les d&eacute;cisions des autres banques centrales, notamment dans les pays &eacute;mergents, elle ne devrait pas fondamentalement les remettre en cause.</p>

#### Mots-clés du média
`politique monétaire` `Banque Centrale Européenne (BCE)` `inflation` `taux d'intérêt` `marchés émergents`

#### Chapitres du média
- **Introduction et contexte de la politique monétaire mondiale** (3.828 - 450.713): Discussion avec Isabelle Mateos y Lago sur l'évolution de la politique monétaire mondiale, marquée par une forte inflation suivie d'un resserrement monétaire important. La plupart des banques centrales ont commencé à assouplir leur politique, mais l'inflation des services reste persistante. Ce cycle monétaire est atypique car il n'a pas entraîné de récession significative ni de forte hausse du chômage.
    - (3.828): L'invitée Isabelle Mateos y Lago, ancienne étudiante à Sciences Po, est depuis 2024 économiste en chef à BNP Paribas, après avoir travaillé pendant près de 10 ans à Black Rock.  
    - (3.828): Le cycle monétaire actuel est marqué par une forte inflation suivie d'un resserrement monétaire brutal, un phénomène sans précédent depuis les années 1970 et 1980. L'inflation est revenue à 1% des objectifs des banques centrales dans la plupart des économies, mais elle n'a pas encore atteint ces objectifs.
    - (3.828): La baisse de l'inflation est principalement due à la normalisation des prix des biens, de l'énergie et des aliments. Cependant, l'inflation des services reste élevée et persistante.
    - (3.828): Ce cycle est atypique car il n'a pas entraîné de récession significative ni de forte hausse du chômage, malgré des taux d'intérêt élevés. Une forte croissance a été constatée en 2023 et 2024. Isabelle Mateos y Lago pense qu'un rapide retour à une politique monétaire normale après une vingtaine d'années inhabituelle de faible inflation est possible.
- **Lien entre politique monétaire et dette souveraine** (475 - 536.773): Exploration du lien entre la politique monétaire, les taux d'intérêt et la dette souveraine.  Discussion sur l'impact des taux d'intérêt fixes et variables sur la dette, et comment les variations de la politique monétaire affectent la soutenabilité de la dette.  L'impact de la politique monétaire dépend du type de taux d'intérêt et de la structure du marché des prêts.
    - (475): Beaucoup de personnes ne se souviennent pas d'épisodes d'inflation ayant principal vécu dans une période de grande modération comparé au cycle actuel.
    - (475): Après la crise financière mondiale, la politique monétaire était inhabituelle, avec des taux d'intérêt proches de zéro.
    - (475): Le coût de l'argent a augmenté après 2022, rendant les taux d'intérêt et donc les emprunts plus chers qu'avant, ce qui a eu un impact sur la dette.
- **Influence des taux d'intérêt et du risque sur la dette des marchés émergents** (537.413 - 866.717): Analyse de l'impact des taux d'intérêt et du risque sur la dette des marchés émergents. Les pays émergents sont souvent contraints d'emprunter en devises fortes, ce qui les rend vulnérables aux fluctuations des taux de change. La difficulté d'assurer le remboursement de la dette souveraine conduit les créanciers à exiger des primes de risque, ce qui augmente le coût de l'emprunt pour ces pays.
    - (537.413): La solvabilité d'un emprunteur dépend de ses revenus et des taux d'intérêt. Lorsque les taux augmentent, la capacité d'emprunt diminue ou l'emprunteur a plus de probabilité d'accumuler plus de dette ou d'avoir des problèmes de solvabilité.
    - (537.413): Les ménages font face à différents taux d'intérêt selon les pays. En France, les taux sont généralement fixes, ce qui signifie qu'en empruntant de l'argent avant 2022, les emprunteurs bénéficiaient de très faible taux d'intérêt.
Tandis que dans d'autres pays comme l'Espagne ou le Royaume-Uni, ils sont liés au taux de la banque centrale, augmentant les risques de fortes augmentations de taux d'intérêts.
    - (537.413): Les entreprises et les gouvernements sont influencés par les taux à long terme, qui peuvent évoluer différemment des taux à court terme fixés par les banques centrales.
    - (537.413): La dépréciation de la monnaie d'un marché émergent face au dollar augmente le poids de sa dette en dollars. Cependant, de nombreux grands marchés émergents ont réduit leur exposition à ce risque en convertissant leur dette en monnaie locale.
- **Transmission de la politique monétaire et conditions de prêt** (868.358 - 1186.32): Discussion sur la transmission de la politique monétaire, notamment dans la zone euro. L'efficacité de la politique monétaire dépend de la manière dont les banques transmettent les variations des taux d'intérêt aux agents économiques. Les banques peuvent parfois contrecarrer l'impact de la politique monétaire en ajustant leurs conditions de prêt en fonction de la perception du risque.
    - (868.358): L'impact de la politique monétaire dépend du type de taux d'intérêt (fixe ou variable). 
    - (868.358): Dans les économies à taux variables, comme les États-Unis et la Grande-Bretagne, la politique monétaire a un impact plus important.
    - (868.358): La BCE se préoccupe de la transmission de sa politique monétaire, notamment dans la zone euro où il existe des divergences.
    - (868.358): Les banques peuvent entraver la transmission de la politique monétaire en ne répercutant pas les variations de taux d'intérêt sur les épargnants et les emprunteurs.
    - (868.358): La BCE tente d'inciter les banques à rémunérer correctement les dépôts et à répercuter les baisses de taux sur les emprunteurs.
    - (868.358): Les caractéristiques structurelles du marché des prêts, comme les taux fixes, compliquent la transmission de la politique monétaire.
    - (868.358): Le système bancaire peut contrecarrer l'impact de la politique monétaire en resserrant les conditions de prêt, notamment envers les emprunteurs considérés à risque, même lorsque les taux directeurs baissent.
- **Risque et accès au financement pour les pays en développement** (1186.601 - 1315.798): Analyse du risque et de l'accès au financement pour les pays en développement.  L'absence de tribunal international de la dette rend difficile pour les créanciers de garantir le remboursement des prêts souverains. Les pays en développement sont souvent confrontés à des coûts d'emprunt élevés en raison de la perception du risque et de la nécessité d'emprunter en devises fortes.  Le manque d'accès aux marchés des capitaux et à un système bancaire développé limite leurs options de financement.
    - (1186.601): La BCE (Banque Centrale Européenne) gère la politique monétaire de la zone euro.
    - (1186.601): Le risque est un facteur important, au-delà des taux d'intérêt, dans les activités d'emprunt et de prêt.
    - (1186.601): Les créanciers, qu'il s'agisse de banques, de particuliers ou d'États, cherchent à minimiser le risque de non-remboursement.
    - (1186.601): Les différences de taux d'intérêt entre les États-Unis et les autres grandes économies ont un impact sur la gestion de la dette des pays émergents et en développement qui empruntent en dollars américains.
    - (1186.601): Les créanciers utilisent le dollar américain en raison de sa liquidité, de sa stabilité et de la minimisation du risque de change.
    - (1186.601): Les économies de marché émergentes et les pays en développement sont souvent perçus comme plus risqués, ce qui limite leur accès au financement pour les investissements à long terme.
- **Impact des taux d'intérêt et des taux de change sur la dette des pays émergents** (1317.823 - 1881.827): Les pays émergents ayant une dette importante en devises fortes sont confrontés à un cercle vicieux : la hausse des taux d'intérêt ralentit leur économie, et s'ils baissent leurs taux d'intérêt pour stimuler l'activité, leur monnaie se déprécie, ce qui augmente leur charge de la dette.  L'appréciation du dollar et la faiblesse des taux d'intérêt américains ont par le passé entraîné des afflux de capitaux vers les marchés émergents, créant d'autres problèmes.
    - (1317.823): Il n'y a pas de tribunal international pour les dettes souveraines, les créanciers estiment donc le risque de défaut et chargent une prime correspondante.
    - (1317.823): Le taux de base pour les prêts aux pays est généralement le taux à court terme des actifs du gouvernement américain.
    - (1317.823): Une augmentation du taux directeur de la Fed entraîne une hausse du coût d'emprunt pour les pays, même si leur profil de risque est stable.
    - (1317.823): Les pays à faible revenu avec des monnaies non négociées internationalement doivent emprunter en devises fortes comme le dollar, ce qui rend la gestion de la dette plus complexe.
    - (1317.823): Les pays émergents sont pris dans un cercle vicieux : la hausse des taux d'intérêt ralentit leur économie, les incitant à baisser leurs propres taux, ce qui déprécie leur monnaie et augmente leur dette en dollars.
    - (1317.823): Lorsque les taux américains étaient bas, les capitaux affluaient vers les marchés émergents, entraînant une appréciation de la monnaie.
    - (1317.823): Les grands pays émergents ont profité des taux bas pour réduire leur dette en dollars et emprunter en monnaie locale, les rendant plus résilients.
- **Impact du commerce et des politiques américaines sur les taux d'intérêt** (1882.107 - 2173.44): Discussion sur l'impact du commerce et des politiques américaines sur les taux d'intérêt. Les politiques commerciales, d'immigration et fiscales des États-Unis peuvent influencer l'inflation et donc la politique monétaire.  L'incertitude entourant ces politiques rend difficile la prévision de l'évolution des taux d'intérêt.  Les politiques protectionnistes des États-Unis pourraient avoir des répercussions sur le commerce mondial et la coopération internationale.
    - (1882.107): L'impact des politiques des États-Unis, notamment sur l'immigration, les tarifs douaniers et la fiscalité, est incertain mais pourrait alimenter l'inflation.
    - (1882.107): Un scénario central prévoit une politique d'immigration plus stricte, des tarifs douaniers et des mesures de déréglementation qui pourraient stimuler l'investissement, mais aussi l'inflation.
    - (1882.107): L'économie américaine étant déjà en surchauffe, toute tentative de la stimuler davantage pourrait générer de l'inflation plutôt que de la croissance réelle.
    - (1882.107): Il est probable que l'inflation cesse de baisser aux États-Unis, ce qui empêcherait la Fed de baisser les taux d'intérêt.
    - (1882.107): Isabelle Mateos y Lago explilque qu'il existe un risque que la Fed doive augmenter les taux d'intérêt pour faire face aux pressions inflationnistes, ce qui aurait des conséquences pour le monde entier.
- **Coopération internationale et politique monétaire** (2174.341 - 2379.555): Discussion sur la coopération internationale et la politique monétaire.  Malgré les défis posés par les politiques américaines, il existe un intérêt pour le maintien du multilatéralisme et de la coopération internationale.  Les banques centrales du monde entier doivent tenir compte de la politique monétaire américaine, en particulier les banques centrales des marchés émergents.  L'optimisme est de mise quant à l'engagement des pays en faveur du commerce mondial et du dialogue international.
    - (2174.341): Les États-Unis ont un impact important sur l'économie mondiale.
    - (2174.341): La coopération internationale est plus difficile dans le climat politique actuel.
    - (2174.341): Malgré le protectionnisme américain, la plupart des pays maintiennent leur engagement envers la mondialisation et le commerce international.
    - (2174.341): Les banques centrales, notamment celles des marchés émergents, doivent prendre en compte la politique monétaire américaine.



---
### Navigation pour IA
- [Index de tous les contenus](https://sources.sciencespo.fr/llms.txt)
- [Plan du site (Sitemap)](https://sources.sciencespo.fr/sitemap.xml)
- [Retour à l'accueil](https://sources.sciencespo.fr/)
