# The first debt crisis since WW2, 1982-1989
**Date de l'événement :** 25/11/2024
* Publié le 25/11/2024

**Écouter l'épisode :**
[Vidéo 1](https://player.ausha.co/?podcastId=3qG10fjwpeqX&playlist=false&color=%23751cbf&v=3&playerId=ausha-OrCo) 

## Description
In the latest episode of DebtTalks, Paola Subacchi and Jérôme Sgard dive into the debt crisis of the 1980s that hit many developing countries between 1982 and 1989. The 1989 Brady initiative put an end to the crisis and put the International Monetary Fund at the helm of the debt restructuring architecture. 

_Guest:_ Jérôme Sgard is Professor of Political Economy at Sciences Po. He is the author of [_The Debt Crisis of the 1980s: Law and Political Economy_](https://www.e-elgar.com/shop/gbp/the-debt-crisis-of-the-1980s-9781839103629.html?srsltid=AfmBOorUt61RJAd9-bxyp8kC1__fhy1De4UqBPuFJFwQ0RoknCx56kKA) (2023).

## Intervenant(s)
Jérôme Sgard

## Intervenant(s) secondaires
Paola Subacchi

### Date de publication de l'épisode
25/11/2024

### Famille(s) de contenu
`#Recherche` 

### Type(s) de ressource
`#Audio` 

### Discipline(s)
`#Économie` 

### Thématique(s)
`#Économies` `#Finance / investissement` `#Risques / crises` 

### Aire(s) géographique(s)
`#Amérique du Nord` `#Amérique du Sud` 

### Langue(s)
`#Anglais` 

**Type(s) d'accès :** `#Accès libre` 

### Partenaire(s)
**[Chaire Dette souveraine](https://sources.sciencespo.fr/structure/chaire-dette-souveraine_40moovTX6wK9zZOqNxyS)** 


### Hébergeur(s)
`#Ausha` 

## Droits
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### Média externe associé : https://player.ausha.co/?podcastId=3qG10fjwpeqX&playlist=false&color=%23751cbf&v=3&playerId=ausha-OrCo

#### Résumé du média
<p>J&eacute;r&ocirc;me Sgard, professeur d'&eacute;conomie politique &agrave; Sciences Po, consid&egrave;re la crise de la dette des ann&eacute;es 1980 comme un &eacute;v&eacute;nement unique. Bien que chaque pays, comme le Mexique, le Br&eacute;sil ou le P&eacute;rou, ait fait face &agrave; des situations sp&eacute;cifiques, les probl&egrave;mes, les proc&eacute;dures de restructuration, le r&ocirc;le du FMI et la coordination des banques &eacute;taient similaires. Cette crise a d&eacute;truit le march&eacute; des pr&ecirc;ts bancaires aux pays en d&eacute;veloppement, un march&eacute; relativement court, d'environ dix ans. Contrairement aux crises pr&eacute;c&eacute;dentes, le march&eacute; ne s'est pas reconstitu&eacute; &agrave; l'identique, passant d'un syst&egrave;me de pr&ecirc;ts bancaires &agrave; un march&eacute; obligataire.</p>
<p>L'augmentation des taux d'int&eacute;r&ecirc;t aux &Eacute;tats-Unis, sous l'impulsion de Paul Volcker, a fortement impact&eacute; les pays endett&eacute;s, notamment ceux dont les taux d'int&eacute;r&ecirc;t &eacute;taient index&eacute;s sur les taux am&eacute;ricains. Bien que Volcker ait ni&eacute; toute responsabilit&eacute;, arguant que son mandat se limitait &agrave; l'&eacute;conomie am&eacute;ricaine, Sgard &eacute;met des doutes quant &agrave; cette affirmation. La crise s'est d&eacute;roul&eacute;e plus lentement que les crises ult&eacute;rieures bas&eacute;es sur les march&eacute;s obligataires, car les banques ne pouvaient pas retirer massivement leurs capitaux. Cela a permis des n&eacute;gociations et des discussions entre les banques et les pays endett&eacute;s, un processus qui s'est &eacute;tal&eacute; sur plusieurs ann&eacute;es. La crainte d'une contagion aux banques am&eacute;ricaines, jug&eacute;es insolvables en cas de d&eacute;faut des principaux pays endett&eacute;s, a motiv&eacute; la gestion de la crise.</p>
<p>La crise de la dette des ann&eacute;es 1980 a &eacute;tabli des r&egrave;gles informelles pour la restructuration de la dette souveraine, un domaine jusque-l&agrave; sans cadre pr&eacute;cis. Le FMI a jou&eacute; un r&ocirc;le central dans l'&eacute;laboration de ces r&egrave;gles, bas&eacute;es sur l'exp&eacute;rience acquise au cours des ann&eacute;es 1970. Ces r&egrave;gles, centr&eacute;es sur le partage du fardeau entre les pays endett&eacute;s, les banques et le FMI, ont &eacute;t&eacute; appliqu&eacute;es de mani&egrave;re constante pendant plusieurs ann&eacute;es. Les discussions se d&eacute;roulaient principalement au sein du FMI, contrairement aux pratiques actuelles o&ugrave; les n&eacute;gociations ont lieu &agrave; Wall Street ou dans la City. L'absence de proc&eacute;dure d'insolvabilit&eacute; pour les &Eacute;tats souverains a compliqu&eacute; la situation. La d&eacute;claration de Walter Wriston, alors pr&eacute;sident de Citibank, affirmant que les &Eacute;tats souverains ne font jamais faillite, refl&eacute;tait la position des banques oppos&eacute;es &agrave; toute annulation de dette.</p>
<p>La crise a finalement &eacute;t&eacute; r&eacute;solue par une d&eacute;cision politique des &Eacute;tats-Unis, confront&eacute;s &agrave; la persistance des difficult&eacute;s &eacute;conomiques et &agrave; l'instabilit&eacute; politique en Am&eacute;rique latine, ainsi qu'&agrave; la fin du communisme. Le gouvernement am&eacute;ricain a alors impos&eacute; aux banques une annulation de dette, allant de 20 &agrave; 40 % du montant total. Les banques, initialement r&eacute;ticentes, ont pu se d&eacute;sengager en convertissant les pr&ecirc;ts en obligations, qu'elles ont ensuite vendues sur le march&eacute; secondaire. L'arriv&eacute;e de nouveaux investisseurs a permis une reprise du march&eacute;, mais la crise de la tequila au Mexique en 1994 a d&eacute;montr&eacute; la persistance de la fragilit&eacute; financi&egrave;re en Am&eacute;rique latine. Malgr&eacute; cela, les pays &eacute;mergents, notamment d'Am&eacute;rique latine, ont mieux r&eacute;sist&eacute; &agrave; la crise financi&egrave;re de 2008 que les pays de l'OCDE, t&eacute;moignant d'une certaine r&eacute;silience acquise au cours des d&eacute;cennies pr&eacute;c&eacute;dentes.</p>

#### Mots-clés du média
`fluidité du marché financier` `crise de la dette des années 1980` `restructuration de la dette` `négociation financière` `crise financière systémique`

#### Chapitres du média
- **Introduction et contexte de la crise de la dette des années 1980** (3.788 - 412.76): Discussion sur la crise de la dette des années 1980, la considérant comme une crise unique avec des problèmes similaires pour tous les pays touchés.  L'impact de la politique monétaire américaine, notamment la hausse des taux d'intérêt, est souligné comme un facteur déclencheur de la crise.
    - (3.788): L'invité de ce podcast est Jérôme Sgard, professeur d'économie politique à Sciences Po, auteur du livre The Debt Crisis of the 1980s: Law and Political Economy (2023). Il traite de la continuité des dettes depuis les années 1980, en les étudiant comme une seule grande crise.
La crise a été en grande partie homogène dans la manière dont les pays ont restructuré leurs dettes et le rôle joué par le FMI.
    - (3.788): La crise de la dette des années 1980 a marqué la fin de l’âge d’or des prêts bancaires commerciaux aux pays en développement, en provoquant une perte de confiance durable dans ce mode de financement.
    - (3.788): Jérôme Sgard explique que le marché a été reconstruit sur des bases différentes, passant des prêts bancaires à un marché avec titres d'obligation. 
    - (3.788): La hausse des taux d'intérêt aux États-Unis a eu un impact important sur les pays en développement qui ont dû mal à s'ajuster alors qu'ils étaient déjà dans une position fragile.
    - (3.788): Les pays en développement avaient accumulé une dette importante et ne l'avaient pas toujours utilisée judicieusement.
- **Spécificités de la crise de la dette des années 1980** (413.14 - 900.96): Analyse des caractéristiques uniques de la crise de la dette des années 1980, notamment la lenteur de son évolution, le rôle central des banques et l'absence de règles préétablies pour gérer les défauts souverains. La restructuration multilatérale de la dette, orchestrée par le FMI, est mise en avant.
    - (413.14): La crise de la dette des années 1980, amorcée par le Mexique, a été un processus lent car elle impliquait des prêts bancaires non négociables, contrairement aux crises plus rapides des décennies suivantes fondées sur des obligations facilement revendables. Cette lenteur a permis plus de négociations, à la fois entre les banques et avec les États endettés. Inquiets de la situation, les États-Unis ont progressivement abaissé leurs taux d’intérêt face aux difficultés croissantes rencontrées par des pays comme le Mexique.
    - (413.14): Le FMI a joué un rôle crucial dans la gestion de la crise des années 80, établissant des règles claires et connues par tous mais informelles, pour la restructuration de la dette souveraine.
    - (413.14): La restructuration de la dette multi-niveaux réalisée impliquait un partage du fardeau entre le pays débiteur, les banques créancières et le FMI, avec des négociations se déroulant principalement au siège du FMI.
    - (413.14): Les crises de la dette contemporaines sont gérées différemment, les négociations ayant souvent lieu à Wall Street ou à Londres, avec une implication accrue des tribunaux.
- **Partage du fardeau et responsabilité des acteurs** (901.441 - 1265.694): Discussion sur le concept de partage du fardeau entre les pays débiteurs, les banques créancières et le FMI.  Le débat sur l'annulation de la dette et la résistance des banques à cette idée sont abordés. La citation de Walter Wriston sur l'impossibilité de la faillite des États souverains est analysée.
    - (901.441): La crise de la dette de 1982 se distingue par le fait que les créanciers étaient un groupe homogène de banques.
    - (901.441): Le partage du fardeau vise à éviter le dilemme moral, c'est-à-dire le risque d'encourager une mauvaise gestion en sauvant systématiquement les parties impliquées.
    - (901.441): Lors de la crise financière mondiale de 2008, le sauvetage de Lehman Brothers a été perçu comme un aléa moral par le Trésor américain.
    - (901.441): Walter Wriston, ancien président de Citibank, affirmait que les États souverains ne font jamais faillite.
    - (901.441): Jérôme Sgard explique que la citation de Wriston, souvent interprétée comme une preuve de la naïveté des banquiers, signifiait en réalité qu'il n'y aurait pas de radiation de dette.
    - (901.441): L'absence de procédure de faillite pour les États souverains complique la gestion des crises de la dette.
- **Relations entre créanciers et débiteurs et asymétrie de pouvoir** (1267.034 - 1402.739): Exploration des tensions entre créanciers et débiteurs, soulignant l'asymétrie de pouvoir en faveur des banques. L'absence de plateforme de discussion pour les négociateurs des pays débiteurs est mise en évidence. Le contexte post-Bretton Woods et l'influence du consensus de Washington sont mentionnés.
    - (1267.034): Les crises de la dette souveraine sont intrinsèquement politiques, reflétant un conflit entre débiteurs et créanciers.
    - (1267.034): Il existait un déséquilibre de pouvoir important en faveur des banques, sans plateforme de discussion ni de négociation pour les pays débiteurs.
    - (1267.034): Le contexte post-Bretton Woods (1944), marqué par l’instabilité monétaire et la montée du néolibéralisme, ainsi que l’imposition de ces politiques aux pays en développement, ont exacerbé les tensions Nord-Sud.
    - (1267.034): Jérôme Sgard compare les crises passées à la situation actuelle pour montrer que la relation politique entre débiteurs et créanciers reste inévitable, dans un contexte aujourd’hui plus fluide et incertain, en raison de l’absence de règles claires encadrant les restructurations, ce qui complique notamment le rôle du FMI.
- **Leçons pour aujourd'hui et la complexité du monde actuel** (1420 - 1689.584): Comparaison de la crise de la dette des années 1980 avec les crises contemporaines, en soulignant la complexité accrue du paysage actuel avec l'émergence de nouveaux créanciers comme la Chine et la diversification des types de créanciers. L'absence d'un cadre clair pour gérer les crises actuelles est soulignée.
    - (1420): L'absence de règles, de forum et de rôle clair pour le FMI rend chaque cas unique.
    - (1420): Dans les années 1980, les États-Unis et l’Europe dominaient le FMI, dans un contexte où les États-Unis étaient au sommet de leur puissance. Aujourd’hui, la Chine s’est imposée comme un créancier majeur, mais elle n’adhère pas pleinement aux règles du FMI malgré sa participation, rendant son positionnement difficile à anticiper lors des restructurations de dette.
    - (1420): Aujourd’hui, certains créanciers privés peuvent bloquer des accords de restructuration en justice, contrairement aux années 1980 où la dette était surtout bancaire et les créanciers plus facilement coordonnés sous pression politique.
- **Fin de la crise et transformation du marché de la dette** (1689.924 - 1939.98): Description de la fin de la crise de la dette des années 1980, marquée par la décision des États-Unis d'imposer une annulation de la dette. La transformation des prêts bancaires en obligations et l'arrivée de nouveaux investisseurs sur le marché sont expliquées. La transition vers un marché obligataire plus volatile est mise en avant.
    - (1689.924): Les États-Unis ont pris une décision hégémonique pour mettre fin à la crise. En 1982, les grandes banques, notamment américaines, ont d’abord refusé toute annulation de dette. Mais face à l’incapacité des pays débiteurs à faire face à la crise de manière classique, une solution plus systémique a dû être trouvée.
    - (1689.924): Détérioration de la situation des pays latino-américains (hyperinflation, inégalités, pauvreté).
    - (1689.924): Décision américaine de forcer les banques, malgré leur mécontentement, à accepter une radiation de dette (20-40 %) en 1988-89 pour mettre fin à la crise.
    - (1689.924): Échange très rapide après la décision américaine des prêts bancaires contre des obligations, permettant aux banques de minimiser leur perte.
    - (1689.924): Grâce au plan Brady, des investisseurs privés sont revenus en Amérique latine après plusieurs années de gel des financements, profitant de la conversion des dettes bancaires en obligations négociables.
    - (1689.924): Reprise spectaculaire, mais nouvelle crise (Tequila) en 1994 avec la fluidité nouvelle du marché.
- **L'évolution des marchés émergents après la crise** (1940.06 - 2087.953): Analyse de la situation des pays d'Amérique latine après la crise, soulignant leur reprise mitigée et les défis structurels persistants. La résistance des marchés émergents lors de la crise financière de 2008 est mise en avant comme un signe de leur adaptation au marché des capitaux.
    - (1940.06): Les années 1990 et le début des années 2000 ont été une période difficile pour l'Amérique latine, suite aux crises précédentes.
    - (1940.06): La crise de la tequila en 1994 a été un signal d'alarme pour de nombreux pays d'Amérique latine.
    - (1940.06): L'Amérique latine est confrontée à des obstacles structurels, tels que de faibles taux d'épargne et d'exportation, qui l'empêchent de s'intégrer pleinement à l'économie mondiale.
    - (1940.06): L'Asie, qui avait un PIB par habitant inférieur à celui de l'Amérique latine avant la crise, a depuis dépassé cette dernière.
    - (1940.06): Les pays d'Amérique latine ont relativement bien résisté à la crise financière de 2008, leurs systèmes bancaires et financiers ayant fait preuve de résilience.



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