# Les conséquences de MeToo sur le marché du travail en France, avec Caroline Coly
**Date de l'événement :** 29/01/2024
* Publié le 29/01/2024

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**Écouter l'épisode :**
[Vidéo 1](https://player.ausha.co/?podcastId=y0eQ4fPGzej2&v=3&playerId=ausha-7MlV) 

## Description
En France, une femme sur cinq se déclare victime de violence sur son lieu de travail (Ined, 2015).  
Dans cet épisode, **Caroline Coly**, économiste à l'Université de Barcelone, revient sur les effets du mouvement #MeToo sur le marché du travail français. Elle explique que ce mouvement a provoqué un choc d’information, et que les femmes travaillant dans certaines entreprises subissent une double peine : elles sont non seulement plus fréquemment victimes de comportements toxiques, mais également contraintes de quitter leur emploi pour les éviter.  
  

📚 Ressources

*   L’article de Caroline Coly, Cyprien Batut et Sarah Schneider-Strawczynski : [_It's a man's world: culture of abuse, #MeToo and worker flows_](https://drive.google.com/file/d/1urxRFJAUg5fPzVVqtn90-hTTyiRZHYXS/view)
*   L’[article (en anglais) de Ro'ee Levy et Martin Mattsson](https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3496903) sur l'effet du mouvement MeToo sur les signalements de crime sexuel à la police dans les pays de l’OCDE.

## Intervenant(s)
Caroline Coly

## Intervenant(s) secondaires
Violette Toye

### Date de publication de l'épisode
29/01/2024

### Famille(s) de contenu
`#Recherche` 

### Type(s) de ressource
`#Audio` 

### Discipline(s)
`#Économie` 

### Thématique(s)
`#Genre / sexualité` `#Travail / relations professionnelles / emploi` 

### Objectif(s) de développement durable
`#5 - Égalité entre les sexes` 

### Langue(s)
`#Français` 

**Type(s) d'accès :** `#Accès libre` 

### Hébergeur(s)
`#Ausha` `#Apple Podcast` `#Podcast Addict` 

## Droits
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### Média externe associé : https://player.ausha.co/?podcastId=y0eQ4fPGzej2&v=3&playerId=ausha-7MlV

#### Résumé du média
<p>Caroline Coly, &eacute;conomiste &agrave; l'Universit&eacute; de Barcelone, a &eacute;tudi&eacute; l'impact du mouvement MeToo sur le march&eacute; du travail en France. Elle souligne le manque de donn&eacute;es fran&ccedil;aises sur les violences sexuelles au travail, contrairement &agrave; l'enqu&ecirc;te Virage de l'INED. L'&eacute;conomiste utilise MeToo comme un choc exog&egrave;ne, un &eacute;v&eacute;nement soudain et inattendu, pour analyser son impact causal sur le march&eacute; du travail. Elle explique que ce mouvement a mis en lumi&egrave;re les violences sexuelles au travail, suscitant des r&eacute;actions contrast&eacute;es, allant du soutien &agrave; la d&eacute;nonciation &agrave; la crainte d'une "chasse aux sorci&egrave;res".</p>
<p>L'&eacute;tude de Caroline Coly cat&eacute;gorise les entreprises en fonction de leur risque de comportement toxique, en s'appuyant sur une base de donn&eacute;es du minist&egrave;re du Travail. Les entreprises &agrave; haut risque sont celles o&ugrave; les femmes sont plus susceptibles de d&eacute;clarer avoir subi du harc&egrave;lement sexuel ou sexiste. L'&eacute;conomiste observe une corr&eacute;lation entre une forte proportion d'hommes dans une entreprise et un risque accru de harc&egrave;lement pour les femmes.</p>
<p>Les r&eacute;sultats de l'&eacute;tude montrent une augmentation de 9% du taux de sortie des femmes des entreprises &agrave; haut risque apr&egrave;s MeToo, compar&eacute; aux hommes. Cette augmentation est principalement due aux d&eacute;missions et aux ruptures conventionnelles, ce qui implique souvent une p&eacute;riode de ch&ocirc;mage pour les femmes. Caroline Coly explique que MeToo a agi comme un choc d'information, permettant aux femmes de r&eacute;aliser qu'elles ne sont pas seules et que les comportements qu'elles subissent ne sont pas normaux.</p>
<p>Face &agrave; ces constats, Caroline Coly propose plusieurs pistes d'action. Elle insiste sur la n&eacute;cessit&eacute; de r&eacute;former le syst&egrave;me de justice, o&ugrave; la majorit&eacute; des plaintes pour harc&egrave;lement sexuel sont class&eacute;es sans suite, cr&eacute;ant un sentiment d'impunit&eacute;. Elle souligne &eacute;galement l'importance de l'&eacute;ducation &agrave; l'&eacute;galit&eacute; femmes-hommes d&egrave;s l'&eacute;cole et de la formation des entreprises &agrave; leurs obligations l&eacute;gales en mati&egrave;re de protection des employ&eacute;s. Enfin, elle plaide pour une meilleure information des femmes sur leurs droits et les recours possibles en cas de harc&egrave;lement.</p>

#### Mots-clés du média
`MeToo` `violences sexistes et sexuelles au travail` `marché du travail` `discriminations femmes` `Enquête INED Virage`

#### Chapitres du média
- **Introduction à l'étude de l'impact de MeToo sur le marché du travail** (8.88 - 53.701): Caroline Coly, économiste, présente son travail sur l'impact du mouvement MeToo sur les femmes au travail. Elle souligne le manque de données françaises sur le sujet, contrairement à l'enquête Virage de l'INED (Institut national d'études démographiques), et mentionne des études récentes montrant l'importance du genre du manager dans le traitement des cas de harcèlement.
    - (8.88): Selon la dernière enquête de l’INED en 2025, 20 % des femmes déclarent avoir été victimes de violence sur leur lieu de travail.
    - (8.88): Caroline Coly, économiste à l'université de Barcelone en Espagne, s'intéresse à l’impact des violences faites aux femmes sur leur parcours professionnel et a notamment étudié les effets du mouvement MeToo sur les conditions de travail des femmes.
- **MeToo comme choc exogène : définition et impact sur les violences sexuelles au travail** (142.627 - 362.534): Caroline Coly explique le concept de choc exogène et comment MeToo est utilisé comme tel dans son étude. Elle décrit la soudaineté du mouvement, son origine avec l'affaire Harvey Weinstein, et son impact en France avec les hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc. Elle aborde les réactions contrastées suscitées par le mouvement et l'hypothèse initiale d'une amélioration des conditions de travail des femmes.
    - (142.627): Dans son article, Caroline Coly étudie MeToo comme un choc exogène, qui est un événement soudain, permettant d'analyser son impact causal, au-delà de la causalité, sur le marché du travail.
    - (142.627): Le mouvement MeToo a mis en lumière l’ampleur des violences sexuelles au travail, notamment après les révélations visant Harvey Weinstein. Il a déclenché une vague mondiale de témoignages (comme en France avec #BalanceTonPorc), provoquant à la fois un élan de solidarité et des critiques. 
    - (142.627): L’étude de Caroline Coly analyse les effets du mouvement MeToo sur la trajectoire professionnelle des femmes, et montre qu’il a davantage conduit à des départs d’entreprises jugées toxiques qu’à une réelle amélioration des conditions de travail.
    - (142.627): MeToo a potentiellement permis une meilleure écoute de la parole des femmes, contrairement à des cas antérieurs où leurs dénonciations étaient ignorées comme l'affaire sur Gérard Depardieu.
- **Méthodologie de l'étude : identification des entreprises à risque de comportements toxiques** (363.515 - 593.363): Caroline Coly détaille la méthode utilisée pour catégoriser les entreprises en fonction de leur risque de comportements toxiques. Elle explique l'utilisation de l'enquête Conditions de Travail et Risques Psychosociaux du ministère du Travail, la création d'un index basé sur les réponses des femmes aux questions sur le harcèlement, et l'identification des facteurs prédictifs du harcèlement, tels que l'âge et la proportion d'hommes dans l'entreprise. Elle mentionne également les secteurs particulièrement à risque.
    - (363.515): Dans son étude, Caroline Coly a analysé des entreprises françaises qu’elle a classées en deux catégories : celles à haut risque de comportements toxiques et celles à faible risque, afin d’évaluer les effets différenciés du mouvement MeToo sur les parcours des femmes dans ces contextes.
    - (363.515): Pour établir ces deux catégories, Caroline Coly s’est appuyée sur une base de données du ministère du Travail portant sur les conditions de travail et les risques psychosociaux en 2015-2016, issue d’un échantillon représentatif de travailleuses et travailleurs en France.
    - (363.515): Les jeunes femmes dans des entreprises à forte proportion d'hommes sont plus à risque de harcèlement.
    - (363.515): Certains secteurs présentent des taux de harcèlement particulièrement élevés : près de 50 % des femmes dans les industries extractives ou de l’énergie, et environ une femme sur cinq dans l’hôtellerie en sont victimes.
    - (363.515): À partir de ce modèle intégrant les caractéristiques des femmes et des entreprises, Caroline Coly tente de prédire le risque de harcèlement pour l’ensemble des femmes travaillant en France, en s’appuyant sur une autre base de données couvrant toutes les travailleuses françaises.
    - (363.515): Caroline Coly classe les entreprises selon leur niveau de risque de harcèlement, en calculant pour chacune une probabilité moyenne que les femmes y soient victimes de harcèlement.
- **Analyse des flux de travailleurs : la méthode des différences de différences et les résultats de l'étude** (594.49 - 843.15): Caroline Coly décrit l'utilisation des méthodes des différences de différences et de triple différence pour analyser l'évolution des flux de travailleurs dans les entreprises à haut et à faible risque après MeToo. Elle révèle une augmentation de 9% du taux de sortie des femmes des entreprises à haut risque, principalement due à des démissions et des ruptures conventionnelles, et non à des licenciements. Elle souligne que ces démissions entraînent souvent une période de chômage pour les femmes.
    - (594.49): Caroline Coly a utilisé la méthode des différences de différences, ainsi qu’une triple différence, pour analyser l’évolution des flux de travailleurs en comparant les femmes et les hommes dans les entreprises à risque, avant et après le mouvement MeToo. Elle observe une augmentation de 9 % du taux de départ des femmes après #MeToo dans les entreprises à haut risque de harcèlement.
    - (594.49): Une partie des sorties est due à des licenciements (25%), cohérent avec des témoignages de femmes licenciées après avoir dénoncé des faits.
    - (594.49): Cette augmentation s’explique principalement par les démissions (50 %) et les ruptures conventionnelles (25 %), ce qui montre que la plupart des femmes prennent la décision de quitter ces entreprises et n'ont donc pas droit au chômage.
    - (594.49): Caroline Coly souligne que 60% des femmes qui quittent leur emploi connaissent une période de chômage d'environ 9 mois et demi.
    - (594.49): Les femmes cadres sont particulièrement concernées par cet effet.
    - (594.49): L'étude de Caroline Coly montre que les entreprises ne parviennent pas suffisamment à protéger les femmes qui dénoncent, les poussant à quitter leur emploi.
- **Interprétation des résultats : MeToo comme révélateur et catalyseur de départs** (843.77 - 955.478): Caroline Coly explique que MeToo a agi comme un choc d'informations, permettant aux femmes de réaliser qu'elles n'étaient pas seules et que les comportements qu'elles subissaient étaient inacceptables. Elle évoque le témoignage de Marine Baldec de l'association contre les violences faites aux femmes au travail, soulignant que MeToo a permis aux femmes de prendre conscience de leurs droits et de décider de quitter des environnements toxiques.
    - (843.77): Caroline Coly explique que MeToo a été un choc d'informations pour les femmes subissant des comportements toxiques au travail.
    - (843.77): Les femmes se rendent compte qu'elles ne sont pas seules et que ce qu'elles subissent n'est pas normal.
    - (843.77): Avant MeToo, les femmes subissaient jusqu'à un point de rupture et se mettaient en arrêt maladie jusqu'à l'épuisement de leur droit.
    - (843.77): MeToo a créé un changement des normes sociales autour des violences sexuelles, incitant les femmes à partir.
    - (843.77): Les plaintes pour violences sexuelles dans les pays de l'OCDE ont augmenté de 13% suite à MeToo.
    - (843.77): Caroline Coly dégage une piste d'analyse de son étude : plus de femmes dénoncent ce qui leur arrive au travail, conduisant à des démissions, ruptures conventionnelles ou licenciements.
- **Pistes d'action et de réflexion : justice, éducation et information** (956.318 - 1200.497): Caroline Coly propose des pistes d'action pour améliorer la situation. Elle insiste sur la nécessité de réformer le système de justice pour lutter contre l'impunité des harceleurs, de renforcer l'éducation à l'égalité femmes-hommes dès l'école, et d'améliorer l'information des femmes sur leurs droits et les recours possibles. Elle souligne l'importance pour les entreprises de respecter leurs obligations légales en matière de protection des employés et de sanctionner les comportements de harcèlement.
    - (956.318): L’une des hypothèses de Caroline Coly est que les individus, y compris les hommes, ayant travaillé dans des entreprises à haut risque de comportements toxiques utilisent le pourcentage de femmes dans l’entreprise comme un indicateur du risque de harcèlement.
    - (956.318): Caroline Coly estime que le système de justice est défaillant, avec un taux de 80% de classement sans suite des plaintes pour harcèlement sexuel.
    - (956.318): Caroline Coly relève une forme d'impunité des harceleurs, car les procédures judiciaires sont longues, coûteuses et souvent sans résultat. Elle insiste également sur le besoin d’éducation et de formation, tant auprès des salariés que des directions d’entreprise.
    - (956.318): Les entreprises ont une obligation de protection des employés en cas de harcèlement, incluant la possibilité de suspendre l'accusé pendant l'enquête.
    - (956.318): Il faut une meilleure information des femmes, en particulier celles des catégories socio-professionnelles moins favorisées, sur leurs droits et les moyens de se défendre contre le harcèlement.



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