# Quand des hommes choisissent des études "féminines", avec Alice Olivier
**Date de l'événement :** 28/11/2023
* Publié le 28/11/2023

**Écouter l'épisode :**
[Vidéo 1](https://player.ausha.co/?podcastId=brn9lC3mkLzL&playlist=false&color=%2372238e&v=3&playerId=ausha-hORH) 

## Description
Que se passe-t-il quand les hommes sont en minorité numérique dans une formation de l’enseignement supérieur ? Dans cet épisode, **Alice Olivier**, maîtresse de conférences en sociologie à l’Université de Lille (Clersé) et chercheuse associée au Centre de recherche sur les inégalités sociales (CRIS) de Sciences Po, présente les parcours atypiques des hommes qui s’orientent vers des formations dites “féminines”, commes les études de sage-femme ou d’assistance de service social. Elle revient sur le concept d’ordre du genre et son fonctionnement : une hiérarchie entre deux groupes de sexe.

[Lire la transcription écrite de l’épisode.](https://www.sciencespo.fr/programme-presage/sites/sciencespo.fr.programme-presage/files/Transcription-Genre-etc-quand-hommes-choisissent-etudes-feminines.pdf)  
  

**📚**  **Ressources**

*   Le livre d’Alice Olivier publié à La documentation française en 2023 : [_Se Distinguer des femmes. Sociologie des hommes en formations “féminines” de l’enseignement supérieur._](https://www.vie-publique.fr/catalogue/289785-se-distinguer-des-femmes)

## Intervenant(s)
Alice Olivier

## Intervenant(s) secondaires
Violette Toye

### Date de publication de l'épisode
28/11/2023

### Famille(s) de contenu
`#Recherche` 

### Type(s) de ressource
`#Audio` 

### Discipline(s)
`#Sociologie` 

### Thématique(s)
`#Genre / sexualité` `#Éducation / formation` 

### Langue(s)
`#Français` 

**Type(s) d'accès :** `#Accès libre` 

### Hébergeur(s)
`#Ausha` `#Apple Podcast` `#Podcast Addict` 

## Droits
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### Média externe associé : https://player.ausha.co/?podcastId=brn9lC3mkLzL&playlist=false&color=%2372238e&v=3&playerId=ausha-hORH

#### Résumé du média
<p>Alice Olivier, ma&icirc;tresse de conf&eacute;rences en sociologie &agrave; l'Universit&eacute; de Lille, a men&eacute; une enqu&ecirc;te sociologique sur les hommes en formation dans des fili&egrave;res d'enseignement sup&eacute;rieur majoritairement f&eacute;minines, notamment en ma&iuml;eutique (sage-femme) et en assistance sociale. Son &eacute;tude visait &agrave; comprendre les raisons qui motivent ces hommes &agrave; choisir ces voies atypiques et comment ils vivent leur exp&eacute;rience dans un environnement &agrave; pr&eacute;dominance f&eacute;minine. Initialement, la sociologue pensait observer une socialisation atypique chez ces hommes, similaire &agrave; ce qui est constat&eacute; chez les femmes dans les fili&egrave;res masculines. Cependant, elle a d&eacute;couvert que leur orientation est davantage influenc&eacute;e par des facteurs contextuels, tels que les opportunit&eacute;s et les contraintes li&eacute;es aux concours d'entr&eacute;e, comme le concours commun avec les &eacute;tudes de m&eacute;decine pour les sages-femmes.</p>
<p>L'enqu&ecirc;te d'Alice Olivier r&eacute;v&egrave;le que, malgr&eacute; leur minorit&eacute; num&eacute;rique, les hommes dans ces formations continuent de se distinguer des femmes, souvent d'une mani&egrave;re qui leur est favorable. Ils mettent en avant des comp&eacute;tences sp&eacute;cifiques, per&ccedil;ues comme masculines, telles que le calme et la rationalit&eacute;, et sont souvent sollicit&eacute;s pour ces qualit&eacute;s lors des stages. Cette distinction leur conf&egrave;re des privil&egrave;ges, comme une surrepr&eacute;sentation dans les r&ocirc;les de porte-parole et une meilleure insertion professionnelle, m&ecirc;me s'ils ne sont pas n&eacute;cessairement les meilleurs &eacute;tudiants.</p>
<p>Contrairement aux femmes dans les fili&egrave;res masculines, les hommes dans les formations f&eacute;minines ne subissent pas de remise en question de leur l&eacute;gitimit&eacute;. Alice Olivier explique que cela est d&ucirc; au fait qu'ils ne sont pas minoritaires socialement. L'&eacute;tude met &eacute;galement en lumi&egrave;re la figure du "p&eacute;d&eacute;", un st&eacute;r&eacute;otype associ&eacute; aux hommes investis dans des domaines f&eacute;minins, suppos&eacute;s &ecirc;tre homosexuels. Cette figure fait l'objet de plaisanteries entre &eacute;tudiants, t&eacute;moignant d'une reproduction d&eacute;cal&eacute;e des normes de genre.</p>
<p>Enfin, Alice Olivier souligne que la masculinisation du travail de care ne suffit pas &agrave; le revaloriser si les hommes sont valoris&eacute;s en tant qu'hommes, renfor&ccedil;ant ainsi les in&eacute;galit&eacute;s. Elle sugg&egrave;re qu'il est essentiel de travailler sur la repr&eacute;sentation des m&eacute;tiers du care en montrant que les comp&eacute;tences requises sont professionnelles et acquises, et non naturelles pour les femmes.</p>

#### Mots-clés du média
`travail du care` `assistance sociale et maïeutique` `études de genre` `sociologie du travail et de l'enseignement supérieur` `féminisation des métiers`

#### Chapitres du média
- **Introduction à l'étude des hommes dans les formations féminines** (8.713 - 70.609): Présentation d'Alice Olivier, sociologue qui a étudié les hommes en formation d'assistant social et de sage-femme. L'étude porte sur les raisons de ces choix atypiques et leurs expériences dans ces milieux.
    - (8.713): Les formations d'assistants sociaux et de sages-femmes sont majoritairement féminines (plus de 90%).
    - (8.713): Alice Olivier a étudié les hommes dans les formations d'assistant social et de sage-femme.
    - (8.713): Son livre "Se distinguer des femmes ; sociologie des hommes en formation féminines dans l'enseignement supérieur" présente son enquête sociologique.
- **Critères de sélection des filières d'étude : Maïeutique et Assistance Sociale** (71.969 - 190.474): Alice Olivier explique son choix de se concentrer sur les études de sage-femme et d'assistance sociale, soulignant leur forte féminisation, leur perception sociale comme métiers féminins, et les compétences associées aux femmes qu'elles requièrent.
    - (71.969): Olivier s'intéressait aux filières très féminisées comme point de départ, telles que la maïeutique.
    - (71.969): Quatre critères pour définir une filière féminine : critère numérique, perception sociale, compétences techniques et symboliques, dispositions professionnelles associées aux femmes.
    - (71.969): Il y a plus de 90% de femmes dans les études de sage-femme et d'assistance sociale.
    - (71.969): Compétences professionnelles associées aux femmes : care, douceur, écoute, empathie, accompagnement.
- **Motivations des hommes à intégrer des filières féminisées** (191.091 - 340.888): Alice Olivier explique que contrairement aux femmes dans les filières masculines, la socialisation genrée n'est pas le facteur déterminant pour les hommes. Les contextes et les opportunités, comme le concours commun avec médecine pour les sages-femmes, jouent un rôle plus important.
    - (191.091): Les hommes dans les filières féminines n'ont pas une socialisation atypique comme les femmes dans les filières masculines.
    - (191.091): Leur orientation est influencée par les contextes et les opportunités, comme l'échec au concours de médecine.
    - (191.091): L'accès aux études de sage-femme après un échec en médecine a considérablement augmenté le nombre d'hommes dans cette filière.
    - (191.091): Les choix et les intérêts personnels, ainsi que les origines sociales, influencent également l'orientation.
- **L'ordre du genre et la distinction des hommes dans les formations féminisées** (341.568 - 610.507): Alice Olivier décrit l'ordre du genre comme un système hiérarchisant les sexes et explique comment, malgré leur minorité numérique, les hommes dans les formations féminisées se distinguent des femmes, souvent de manière valorisante. Ils sont perçus comme apportant des compétences complémentaires et bénéficient de privilèges.
    - (341.568): L'ordre du genre est un système social qui hiérarchise les sexes au profit des hommes.
    - (341.568): Même minoritaires dans les formations féminisées, les hommes continuent à se distinguer des femmes. Ils mettent en avant des compétences stéréotypées et sont sollicités pour celles-ci.
    - (341.568): Les hommes bénéficient de privilèges et occupent des positions favorables. Ils sont surreprésentés dans les rôles de porte-parole et ont plus d'opportunités d'emploi.
    - (341.568): Malgré des statistiques nationales moins favorables, ils s'en sortent bien grâce à des représentations genrées.
- **Comparaison avec les femmes en filières masculines** (611.146 - 685.722): Alice Olivier souligne que l'expérience des hommes en filières féminisées est différente de celle des femmes en filières masculines. Ces dernières rencontrent plus de difficultés d'intégration et doivent constamment prouver leur légitimité.
    - (611.146): Les situations des hommes en filières féminines et des femmes en filières masculines ne sont pas comparables.
    - (611.146): Les femmes dans les métiers masculins font face à des mises à l'épreuve et des difficultés d'intégration. Leur légitimité est remise en question.
    - (611.146): Les hommes dans les métiers féminins n'ont pas les mêmes difficultés d'intégration que les femmes dans les métiers masculins. Ils sont minoritaires numériquement mais restent dominants.
- **La figure du « pédé » : Stéréotypes et jeux de genre** (687.582 - 835.855): Alice Olivier aborde le stéréotype associant les hommes en filières féminines à l'homosexualité. Elle explique comment cette figure est utilisée dans des jeux et des blagues entre étudiants, reflétant une adaptation des normes de genre.
    - (687.582): La figure du « pédé » renvoie à un stéréotype liant hommes investis dans des domaines féminins et homosexualité.
    - (687.582): Ce stéréotype questionne l'hétérosexualité des hommes ne correspondant pas aux normes de genre habituelles.
    - (687.582): Les plaisanteries étudiantes reprennent ce stéréotype, suggérant que la fréquentation de femmes altérerait l'hétérosexualité des hommes.
    - (687.582): L'étude de cette figure révèle des reproductions nuancées des normes de genre. Ces plaisanteries permettent de jouer avec les normes dans un contexte étudiant atypique.
- **Adaptation et malaise face aux stéréotypes** (836.831 - 915.06): Alice Olivier explique que les hommes réagissent différemment aux plaisanteries sur leur sexualité. Ceux qui sont mal à l'aise avec leur choix d'études ont tendance à rejeter le stéréotype, tandis que d'autres l'acceptent ou l'utilisent pour affirmer leur orientation.
    - (836.831): Certains hommes ne sont pas à l'aise avec le fait d'être renvoyés à une figure féminisée, surtout ceux qui sont moins à l'aise avec leur choix d'études.
    - (836.831): Ils peuvent percevoir cette formation comme un déclassement en termes de genre et social.
    - (836.831): Certains réagissent en insistant sur leur rôle de mâle dominant. D'autres sont à l'aise et utilisent l'humour.
    - (836.831): Pour certains hommes homosexuels, c'est un espace safe pour affirmer leur orientation sexuelle.
- **Efforts d'adaptation et jonglage avec les normes de genre** (917.483 - 1057.639): Alice Olivier explique que les hommes doivent s'adapter aux normes d'égalité et éviter de dominer explicitement. Ils doivent jongler entre les compétences associées aux femmes (empathie, écoute) et celles associées aux hommes (rationalité), en se faisant discrets ou en affirmant leur présence selon les contextes.
    - (917.483): Les hommes doivent ajuster leurs pratiques dans un milieu dit féminin. Il existe un idéal d'égalité entre les sexes, et la domination masculine n'est pas attendue.
    - (917.483): On attend des hommes qu'ils se fassent parfois discrets et se taisent. Il faut être empathique et à l'écoute, compétences socialement associées aux femmes.
    - (917.483): Les hommes doivent jongler entre ce qui est socialement associé aux femmes et aux hommes.
    - (917.483): Ceux qui réussissent le mieux sont ceux qui savent jongler avec fluidité selon les contextes.
- **Revalorisation du travail de care et masculinité** (1059.275 - 1175.436): Alice Olivier remet en question l'idée que la masculinité du travail de care le revaloriserait automatiquement. Elle suggère qu'il est plus important de reconnaître les compétences professionnelles requises, plutôt que de simplement déplacer les inégalités en valorisant les hommes en tant qu'hommes.
    - (1059.275): On pense souvent que masculiniser le travail de care pourrait potentiellement le revaloriser socialement.
    - (1059.275): Valoriser les hommes dans le travail de care en fonction de rôles socialement associés aux hommes ne résout pas le problème des inégalités.
    - (1059.275): Il est crucial de travailler sur la représentation des métiers du care en mettant en avant les compétences professionnelles acquises.
    - (1059.275): L'objectif principal est de faire connaître et reconnaître le travail de soins, plutôt que de simplement augmenter le nombre d'hommes dans ce domaine.



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