# Masterclass - Les transidentités et les médias
**Date de l'événement :** 16/11/2023
* Publié le 16/11/2023

### Image
![Miniature de l'évènement avec photographie de Béatrice Denaes à FranceInter](https://firebasestorage.googleapis.com/v0/b/memory-sp-pr.appspot.com/o/prod%2F1y7CgDOTakHDiB3dgoi0%2FprojectsMedias%2FL9gA2XH94Y8sSgBdXxbM%2Fthumbs%2F1_1600x900.png?alt=media&token=df6bac4c-be5f-40d9-ba88-64b2b6942955) 

## Description
Béatrice Denaes sur les transidentités dans les médias

**Regarder la conférence ou l'événement :**
[Vidéo 1](https://www.youtube.com/watch?v=wmeTswvgRB8) 

## Intervenant(s)
Béatrice Denaes

## Intervenant(s) secondaires
Marie Naudascher

### Date de la conférence ou de l'événement
16/11/2023

### Famille(s) de contenu
`#Enseignement` 

### Type(s) de ressource
`#Vidéo` 

### Thématique(s)
`#Communication / journalisme / médias` `#Genre / sexualité` 

### Langue(s)
`#Français` 

**Type(s) d'accès :** `#Accès libre` 

### Hébergeurs
`#YouTube` 

## Droits
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### Média externe associé : https://www.youtube.com/watch?v=wmeTswvgRB8

#### Résumé du média
<p style="text-align: justify;">B&eacute;atrice Denaes, journaliste &agrave; la retraite et copr&eacute;sidente de l'association Trans Sant&eacute; France, a abord&eacute; la question de la transidentit&eacute; sous l'angle de la d&eacute;ontologie journalistique. Elle a d&eacute;plor&eacute; le traitement m&eacute;diatique souvent biais&eacute; de ce sujet, pointant du doigt des contre-v&eacute;rit&eacute;s et des amalgames v&eacute;hicul&eacute;s par certains m&eacute;dias, notamment concernant les traitements hormonaux et chirurgicaux pour les mineurs. Elle a insist&eacute; sur l'importance de la v&eacute;rification des faits et du respect de la r&eacute;alit&eacute; scientifique, s'appuyant sur des &eacute;tudes pour d&eacute;montrer l'impact positif de l'accompagnement des jeunes trans et non-binaires. Elle a &eacute;galement soulign&eacute; la responsabilit&eacute; des journalistes et des directeurs de publication dans la diffusion d'informations exactes, m&ecirc;me dans le cadre de tribunes libres.</p>
<p style="text-align: justify;">Concernant les traitements m&eacute;dicaux, B&eacute;atrice Denaes a clarifi&eacute; qu'aucune intervention chirurgicale n'est pratiqu&eacute;e avant 16 ans, sauf cas exceptionnels, et qu'avant cet &acirc;ge, la transition est principalement sociale (changement de pr&eacute;nom, d'apparence). Les bloqueurs de pubert&eacute;, utilis&eacute;s avec parcimonie, visent &agrave; att&eacute;nuer les manifestations physiques de la pubert&eacute; lorsque le genre assign&eacute; &agrave; la naissance est source de grande souffrance. Elle a mis en garde contre l'attentisme, pr&eacute;conis&eacute; par certaines associations, qui peut conduire &agrave; la d&eacute;scolarisation, la d&eacute;socialisation, la d&eacute;pression et des tentatives de suicide. Des &eacute;tudes montrent une diminution significative de la d&eacute;pression et des tentatives de suicide chez les jeunes trans ayant re&ccedil;u un accompagnement adapt&eacute;. Elle a rappel&eacute; que la souffrance li&eacute;e &agrave; la transidentit&eacute; n'est pas un choix et que la transphobie, le rejet familial et les discriminations sont des facteurs aggravants du risque suicidaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Abordant la question des d&eacute;transitionneurs, B&eacute;atrice Denaes a reconnu l'existence de ce ph&eacute;nom&egrave;ne, tout en soulignant sa faible occurrence. Elle a critiqu&eacute; l'instrumentalisation de ces cas par les associations anti-trans pour justifier l'inaction. Elle a &eacute;galement d&eacute;nonc&eacute; les discours transphobes, notamment ceux des TERF (f&eacute;ministes radicales excluant les trans), qui nient la r&eacute;alit&eacute; du genre et consid&egrave;rent les femmes trans comme des hommes d&eacute;guis&eacute;s. Elle a mis en avant le d&eacute;calage entre la r&eacute;alit&eacute; v&eacute;cue des personnes trans et les caricatures v&eacute;hicul&eacute;es par certains m&eacute;dias et associations.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, B&eacute;atrice Denaes a &eacute;voqu&eacute; son exp&eacute;rience personnelle, marqu&eacute;e par le mal-&ecirc;tre, la d&eacute;socialisation et la peur du regard des autres. Elle a insist&eacute; sur l'importance de l'&eacute;coute et du respect des enfants trans, pour leur permettre de s'&eacute;panouir et d'&eacute;viter des souffrances inutiles. Elle a conclu en citant le philosophe arabe du XIIe si&egrave;cle, Ibn Rochd (Averro&egrave;s) : "L'ignorance m&egrave;ne &agrave; la peur, la peur m&egrave;ne &agrave; la haine, et la haine conduit &agrave; la violence". Elle a appel&eacute; &agrave; lutter contre l'ignorance et les pr&eacute;jug&eacute;s qui alimentent la transphobie.</p>

#### Mots-clés du média
`transidentité` `parcours personnel` `déontologie` `transphobie` `identité de genre`

#### Chapitres du média
- **Difficultés rencontrées par les journalistes dans le traitement de la transidentité** (68.627 - 275.747): Béatrice Denaes présente les difficultés rencontrées par les journalistes dans le traitement de la transidentité. Plusieurs médias, dont l'Express et Charlie Hebdo, sont cités pour leur manque de rigueur journalistique et leur propagation de contre-vérités sur le sujet. Elle insiste sur l'importance de la vérification des faits et du respect de la déontologie, valeurs fondamentales du journalisme.
    - (68.627): Béatrice Denaes est une personne trans et coprésidente de Trans Santé France.
    - (68.627): Béatrice Denaes critique le manque de déontologie journalistique dans le traitement du sujet de la transidentité.
    - (68.627): Béatrice Denaes insiste sur l'importance de la vérification des faits, de l'exactitude et de l'égalité de traitement.
    - (68.627): Béatrice Denaes cite des exemples de médias qui, selon elle, traitent mal le sujet de la transidentité, notamment C News, Valeurs Actuelles, Causeur, l'Express et Charlie Hebdo.
- **Traitements médicaux et chirurgicaux pour les personnes transgenres** (477.227 - 620.681): Béatrice Denaes aborde les traitements médicaux et chirurgicaux pour les personnes transgenres, en précisant qu'aucune intervention chirurgicale n'est pratiquée avant 18 ans, sauf exception à 16 ans en cas de risque de suicide. Les bloqueurs de puberté sont présentés comme une option pour les adolescents en grande souffrance, et leur utilisation en France est qualifiée de très faible.
    - (477.227): Béatrice Denaes et les étudiants analysent une prise de parole de Zemmour sur CNews : Comparer les médecins qui s'occupent ou accompagnent les enfants trans à Josef Mengele est ignoble et historiquement horrible.
    - (477.227): L'affirmation de Zemmour selon laquelle les enfants trans subissent des vasectomies ou des interventions chirurgicales est fausse. Aucune intervention chirurgicale n'est pratiquée avant 18 ans, exceptionnellement 16 ans.
    - (477.227): Il est du devoir des journalistes de corriger les contre-vérités.
    - (477.227): Des informations fausses circulent, notamment sur CNews, et il est révoltant que les journalistes ne les corrigent pas.
    - (477.227): Analyse d'une tribune publiée dans l'express, par l'observatoire de la petite sirène, un groupe anti-enfants trans assez virulent : Ils affirment que les enfants subissent des ablations des testicules et des seins, ce qui est faux.
- **Suicide et risques psychosociaux chez les personnes transgenres** (665.847 - 1036.261): Le sujet du suicide chez les personnes transgenres est abordé. Béatrice Denaes mentionne une étude de l'Académie américaine de pédiatrie montrant une diminution des dépressions et des tentatives de suicide chez les jeunes transgenres ayant reçu des bloqueurs de puberté ou des hormones d'affirmation de genre. Les risques psychosociaux liés au rejet familial, au harcèlement scolaire et aux agressions sont également soulignés.
    - (665.847): Les journalistes doivent avoir le réflexe de vérifier les faits. Publier un texte engage la responsabilité des auteurs.
    - (665.847): La réalité médicale est que les enfants trans n'ont pas accès à des traitement hormonal ou chirurgical. On privilégie plutôt la transition sociale (changement de prénom et d'apparence). Dans certaines situations d'urgence, où l'enfant a des tendances suicidaires, il est possible d'avoir accès à des bloqueurs de puberté ou une ablation des seins à partir de 16 ans avec l'accord des parents.
    - (665.847): L'attentisme (ne rien faire avant 18 ans) pour les enfants trans est risqué : déscolarisation, désocialisation, scarification, dépression, tentatives de suicide.
    - (665.847): Une étude de l'académie américaine de pédiatrie présente : une diminution de 60% de la dépression et de 73% des tentatives de suicides chez les jeunes trans et non binaires qui ont reçu des bloqueurs de puberté ou à qui on a proposé des hormones d'affirmation de genre.
- **Détransition et retransition** (1065 - 1962.721): La discussion porte sur la détransition et la retransition, c'est-à-dire l'interruption d'une transition de genre. Béatrice Denaes explique que ce phénomène est souvent instrumentalisé par les opposants à la transition des enfants, mais qu'il reste marginal. Elle souligne l'importance de l'accompagnement des personnes concernées et appelle à ne pas grossir le phénomène.
    - (1065): Présentation du tract de Villeneuve-d'Ascq : Ce tract est intéressant car il détourne des statistiques réels (sur les risques de suicides dans la population trans) mais en modifie l'interprétation.
    - (1065): La tendance suicidaire n'est pas intrinsèquement liée à la transidentité, mais à ce qu'elle implique : Les personnes trans sont souvent sujettes au rejet familial (40%), au rejet à l'école, au harcèlement, aux agressions dans l'espace public (8/10 personnes), à perdre son emploi à raison de sa transidentité (1/3 personnes), à avoir des difficultés d'accès à un logement du fait de leur transidentité (1/4 personnes) et à avoir des difficultés d'accès aux soins.
    - (1065): Les détransitionneurs : (Analyses d'articles du Parisien et de Charlie Hebdo), sont des personnes qui ont entamés des transitions et décident d'arrêter (traitement hormonaux...). Ils servent souvent d'argument phare pour décrédibiliser les enfants trans. 
    - (1065): Le cas juridique de détransitionneur le plus connu est celui de Keira Bell, Béatrice Denaes objecte que les journaux n'ont retenu que le premier jugement : Elle a initialement gagné face à l’hôpital, mais elle a ensuite perdu en appel.
    - (1065): Étude de la Pitié-Salpêtrière sur 10 ans montrant un faible taux de détransition chez les enfants. Tout le monde a droit à l'erreur et ceux qui souhaitent détranstionner ont le droit à un accompagnement de qualité, en revanche l'instrumentalisation de ces cas par des associations transphobe est malhonnête.
- **TERF et transphobie** (1988.721 - 2300.501): Béatrice Denaes aborde le sujet des TERF (féministes radicales trans-exclusionnaires) et de la transphobie. Elle critique les arguments des TERF, qui considèrent les femmes trans comme des hommes déguisés, et dénonce la violence de ces discours. Elle évoque également un débat télévisé blessant pour les personnes transgenres.
    - (1988.721): Définition du terme TERF (féministes radicales trans-exclusionnaires) et de ses figures de proue (Marguerite Stern et Dora Moutot), elles se basent uniquement sur la réalité biologique (le sexe) et ignorent le genre (l'identité ressentie) pour définir les femmes . Les discours TERF, par leur négation de l'identité trans, déploient une violence symbolique qui qui invisibilise et marginalise les personnes transidentitaires.
    - (1988.721): Un débat est soulevé sur l'utilisation du terme "transphobe", notamment dans des cas de désaccord entre femmes cisgenres et transgenres sur les relations sexuelles.
    - (1988.721): Béatrice Denaes défend le droit des femmes cisgenres de refuser des relations sexuelles avec des femmes trans, sans être taxées de transphobes.
    - (1988.721): Elle critique la radicalisation de certains militants LGBT, qui accusent de transphobie toute personne en désaccord avec eux.
    - (1988.721): Une étude neurologique de 2016 sur la transidentité est mentionnée, mais elle n'est pas considérée comme fiable. Aujourd'hui encore, on manque de connaissances sur les origines de la transidentité et de l'homosexualité.
- **Couverture médiatique de la transidentité** (2535.501 - 2783.621): L'analyse de la couverture médiatique de la transidentité est abordée. Une étude de l'Association des journalistes LGBT est citée, mettant en évidence les médias qui traitent le sujet de manière positive ou négative. L'importance de la neutralité journalistique et du respect des faits est soulignée.
    - (2535.501): Béatrice Denaes présente un extrait de l'émission "Quelle Epoque !" sur Marie Cau, la première mère trans en France, face à Dora Moutot (militante TERF).
    - (2535.501): Réaction des élèves : la question de la journaliste est blessante, en tant que journaliste ce n'est pas très éthique. Les différents médias que Béatrice a présenté depuis le début de son intervention sont présentés comme des "opinions" de journalistes alors qu'ils sont en réalité ignorants et intolérants. 
    - (2535.501): La question véhiculée par ces faux débats peut se résumer à "pour ou contre la transidentité ?" la transphobie est un délit et le discours est blessant.
    - (2535.501): Présentation d'une étude de l'AJL (Association des journalistes LGBT) : les journaux qui traite le plus mal la question trans sont : L'Express, Marianne, Le Figaro et le JDD. L'équipe et l'Huffpost sont plutôt positifs. 
    - (2535.501): Les médias se dédouanent souvent des textes transphobes en les publiant sous la forme de chroniques ou de tribunes.
    - (2535.501): L'AFP fait un travail remarquable de neutralité et de respect des faits.
    - (2535.501): Des associations comme Hippomonie, l'Observatoire de la Petite Sirène, SOS Éducation, Juristes pour l'Enfance et Femelliste sont anti-trans.
- **Histoire et origines de la transidentité** (2914.087 - 3235.461): Béatrice Denaes évoque l'histoire et les origines de la transidentité, en mentionnant des figures mythologiques et historiques. Elle raconte également son expérience personnelle et les difficultés qu'elle a rencontrées en tant que personne transgenre.
    - (2914.087): Béatrice confie son enfance et les difficultés qu'elle a vécu à cause de son identité, en particulier à l'adolescence. Elle raconte que jusqu'à l'âge adulte elle a eu de gros soucis de timidité dont elle arrivait à se dissocier dans son travail de journaliste.  
    - (2914.087): Elle mentionne l'histoire de la transidentité à travers les figures mythologiques de Hermaphrodite, Tirésias et Cénis, et la figure de Sainte Eugénie-Eugène, représentée sur le chapiteau de la Basilique de Vézelay.
    - (2914.087): Béatrice Denaes présente une Etude YouGov sur l'acceptation sociale et familiale LGBTQIA dans différents pays. Elle souligne le manque d'acceptation en France et la nécessité de progresser sur ce sujet.
    - (2914.087): Elle clarifie les notions de sexe, identité de genre, attirance sexuelle et expression de genre.
    - (2914.087): Béatrice Denaes donne des indications sur un vocabulaire approprié et respectueux envers les personnes transgenres. Elle définit également ce qu'est un "deadname" ou "morinom" en français (les anciens prénoms) et explique pourquoi il ne faut pas les utiliser.
- **Définitions et termes liés à la transidentité** (3283.461 - 3486.861): Différents termes et définitions liés à la transidentité sont expliqués, tels que sexe, identité de genre, attirance sexuelle et expression de genre. Béatrice Denaes insiste sur l'importance d'utiliser un vocabulaire précis et respectueux.
    - (3283.461): Le mégenrage est insupportable et vécu comme une expérience douloureuse, surtout dans des contextes médicaux. Il est essentiel de respecter l'identité de genre des personnes trans, y compris leur prénom et leur pronom.
    - (3283.461): L'approche transaffirmative consiste à respecter le ressenti des personnes trans et à les aider, notamment les enfants.
    - (3283.461): Les personnes trans sont souvent susceptibles et hypersensibles en raison d'expériences passées difficiles et du stress des minorités.
    - (3283.461): Il n'existe pas de chiffres précis sur la population trans en France, mais les estimations varient entre 0,3% et 1,5% de la population.
    - (3283.461): Après un état des lieux de la condition trans en France, Béatrice Denaes présente les améliorations sociétales qu'elle espère pour le futur.



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