# On governing Well Under Social Media, with Emiliano Grossman
**Date de l'événement :** 24/10/2023
* Publié le 24/10/2023

### Image(s)
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**Écouter l'épisode :**
[Vidéo 1](https://player.ausha.co/?podcastId=xqxz7sqm3E6a&playlist=false&color=%2372238e&v=3&playerId=ausha-Ms3d) 

## Description
Social networks pose very complex challenges to governments. Those who want to sell news have become very good at creating clickbait on negative news, knowing that we are naturally more sensitive to this kind of news. Social media discourse also contributes to exaggerating minority positions. Even scientific knowledge, which is one of the factors informing good government policy, can be challenged that way, as we have seen during the pandemic. Even more worrying, social media has a feedback effect on traditional media and mainstream politicians are tempted to join in the populist drive. What can be done to counter this trend?

Answers by [Emiliano Grossman](https://www.sciencespo.fr/centre-etudes-europeennes/fr/chercheur/emiliano-grossman.html), a researcher at Sciences Po’s Centre for European Studies and Comparative Politics. His research focuses on political life institutions in Europe and more specifically in France.   
  

**Additional resource**

*   Emiliano Grossman, [Media and Policy Making in the Digital Age](https://www.annualreviews.org/doi/abs/10.1146/annurev-polisci-051120-103422), _Annual Review of Political Science_, vol. 25, pp. 443-46

## Intervenant(s)
Emiliano Grossman

## Intervenant(s) secondaires
Sergei Guriev

### Date de publication de l'épisode
24/10/2023

### Famille(s) de contenu
`#Recherche` 

### Type(s) de ressource
`#Audio` 

### Discipline(s)
`#Science politique` 

### Thématique(s)
`#Numérique et technologie` `#Communication / journalisme / médias` 

### Langue(s)
`#Anglais` 

**Type(s) d'accès :** `#Accès libre` 

### Hébergeur(s)
`#Ausha` `#Apple Podcast` `#Podcast Addict` 

## Droits
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### Média externe associé : https://player.ausha.co/?podcastId=xqxz7sqm3E6a&playlist=false&color=%2372238e&v=3&playerId=ausha-Ms3d

#### Résumé du média
<p>Le professeur Emiliano Grossman, sp&eacute;cialiste des questions politiques contemporaines, analyse l'impact du paysage m&eacute;diatique actuel sur l'action gouvernementale. Selon lui, la transformation du paysage m&eacute;diatique, amorc&eacute;e d&egrave;s la fin des ann&eacute;es 1970 avec le d&eacute;clin de la t&eacute;l&eacute;vision publique, s'est acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e avec l'arriv&eacute;e d'internet et des r&eacute;seaux sociaux. Ce ph&eacute;nom&egrave;ne a engendr&eacute; une dispersion de l'attention du public, rendant plus difficile pour les gouvernements de communiquer efficacement sur leurs actions et leurs politiques. Si internet a permis une plus grande transparence et l'acc&egrave;s &agrave; l'information, il a aussi favoris&eacute; la propagation de la d&eacute;sinformation et des discours n&eacute;gatifs, amplifiant le biais de n&eacute;gativit&eacute; naturel chez les individus.</p>
<p>Cette tendance &agrave; privil&eacute;gier les mauvaises nouvelles, souvent amplifi&eacute;e par les m&eacute;dias sociaux, a un impact concret sur l'efficacit&eacute; gouvernementale. Grossman cite l'exemple de la pand&eacute;mie, o&ugrave; la m&eacute;fiance envers le gouvernement et les experts, aliment&eacute;e par les th&eacute;ories du complot en ligne, a conduit &agrave; une r&eacute;sistance face aux mesures sanitaires. De m&ecirc;me, la contestation des politiques de transition climatique, pourtant n&eacute;cessaires, illustre l'influence des r&eacute;seaux sociaux sur l'opinion publique et la difficult&eacute; pour les gouvernements de faire accepter certaines mesures. Il &eacute;met l'hypoth&egrave;se que cette dynamique de d&eacute;fiance envers les institutions et les experts profite aux mouvements populistes.</p>
<p>L'invit&eacute; souligne que les gouvernements tentent aussi souvent de manipuler l'attention du public pour d&eacute;tourner l'attention de leurs propres &eacute;checs, en cr&eacute;ant des controverses artificielles. Interrog&eacute; sur les solutions possibles, il sugg&egrave;re que les gouvernements de coalition, plus consensuels, seraient moins enclins &agrave; ces manipulations que les r&eacute;gimes majoritaires. Il nuance toutefois son propos en reconnaissant que m&ecirc;me dans les syst&egrave;mes consensuels, l'opinion publique peut se lasser des partis traditionnels et se tourner vers des options plus radicales, comme l'illustre l'exemple du Danemark et sa politique migratoire.</p>
<p>Face &agrave; ce constat, Grossman appelle les responsables politiques &agrave; r&eacute;sister &agrave; la tentation de s'engager dans la surench&egrave;re populiste et &agrave; d&eacute;fendre un d&eacute;bat politique de qualit&eacute;, m&ecirc;me si cela s'av&egrave;re co&ucirc;teux &eacute;lectoralement. Il insiste sur l'importance pour les gouvernements de donner l'exemple et de promouvoir un discours rationnel et factuel, afin d'enrayer la d&eacute;t&eacute;rioration du d&eacute;bat public.</p>

#### Mots-clés du média
`politique publique et action gouvernementale` `médias et réseaux sociaux` `Internet et populisme` `démocratie` `communication politique`

#### Chapitres du média
- **L'évolution du paysage médiatique et son impact sur la gouvernance** (9.017 - 231.457): Discussion sur la transformation du paysage médiatique, son influence sur la capacité des gouvernements à tenir leurs promesses et la nécessité d'une communication efficace entre les gouvernements et les citoyens.
    - (9.017): Cet épisode explore les institutions démocratiques, la politique démocratique et non démocratique, la montée du populisme et les facteurs qui influencent ces transformations.
    - (9.017): L'invité, Emiliano Grossman, est professeur associé au Centre d'études européennes et de politique comparée de Sciences Po et auteur du livre "Do Elections Still Matter ?".
    - (9.017): La discussion porte sur l'article du professeur Grossman dans l'Annual Review of Political Science, qui traite des médias et de l'élaboration des politiques à l'ère numérique.
    - (9.017): Il est important que les spécialistes de la communication et les politologues collaborent davantage, car les premiers sous-estiment parfois l'importance des coalitions et clivages politiques traditionnels, tandis que les seconds ignorent parfois l'importance de la communication.
    - (9.017): Les gouvernements doivent lutter pour rester au fait des choses en matière de communication, ce qui a un coût important pour eux. Cette lutte est difficile à gagner entièrement, ce qui est préoccupant.
    - (9.017): La communication gouvernementale est essentielle pour une bonne gouvernance, en particulier lors de crises comme la pandémie, car elle permet d'influencer le comportement des citoyens et d'assurer le respect des règles.
- **L'origine de la transformation médiatique** (232.257 - 427.699): Identification du déclin de la télévision publique comme point de départ de la transformation médiatique, suivi par l'arrivée du câble, d'internet et des médias sociaux, accélérant la fragmentation de l'attention du public.
    - (232.257): L'âge d'or de la télévision publique a pris fin à la fin des années 1970, début des années 1980.
    - (232.257): L'arrivée de la télévision par câble a permis aux téléspectateurs d'ignorer les programmes politiques.
    - (232.257): Internet et les réseaux sociaux ont accéléré la transformation du paysage médiatique.
    - (232.257): Ces changements ont permis aux individus de communiquer entre eux et d'influencer l'opinion publique.
    - (232.257): La compétition pour l'attention du public a diminué le pouvoir des gouvernements.
    - (232.257): Le pouvoir des gouvernements était à son apogée au début des années 1970 et a décliné depuis.
- **L'impact d'internet sur la transparence et la diffusion d'information** (439.911 - 711.781): Analyse des aspects positifs et négatifs d'internet, notamment son rôle dans l'égalisation de l'accès à l'information, mais aussi dans la propagation de la désinformation et le biais de négativité.
    - (439.911): L'arrivée d'Internet a apporté une transparence radicale, initialement considérée comme positive pour les processus démocratiques.
    - (439.911): Internet était perçu comme une technologie de libération, notamment lors d'événements comme le Printemps arabe.
    - (439.911): L'invité exprime un certain pessimisme quant à l'impact d'Internet, notamment en raison de la propagation de la désinformation.
    - (439.911): Internet a permis aux communautés marginalisées de communiquer et de s'exprimer.
    - (439.911): L'open data permet aux chercheurs, journalistes et citoyens de vérifier les informations et de contrôler les personnalités publiques.
    - (439.911): Emiliano Grossman craint que les "mauvais utilisateurs" d'Internet, ceux qui propagent la désinformation, soient en train de gagner.
    - (439.911): Les médias sociaux amplifient le biais de négativité, conduisant à une perception accrue de l'insécurité malgré une baisse réelle de la criminalité.
- **L'économie de l'attention et le biais de négativité** (712.342 - 924.786): Discussion sur l'économie de l'attention, le biais de négativité des médias sociaux et leur impact sur la perception du public envers le gouvernement.
    - (712.342): Steven Pinker met en lumière les améliorations sociétales souvent occultées par le biais négatif des médias.
    - (712.342): L'économie de l'attention favorise la propagation des mauvaises nouvelles, notamment sur les réseaux sociaux.
    - (712.342): La compétition pour l'attention sur les réseaux sociaux conduit à une focalisation sur les échecs gouvernementaux.
    - (712.342): Les médias traditionnels, influencés par les réseaux sociaux, intègrent ce discours négatif, amplifiant le phénomène.
    - (712.342): La défiance envers le gouvernement, alimentée par les nouvelles négatives, nuit à l'adhésion aux politiques publiques (taxes, transition climatique, santé).
- **Les mécanismes de l'impact de la désinformation sur l'efficacité gouvernementale** (925.106 - 1171.241): Exploration des mécanismes par lesquels la méfiance envers le gouvernement, alimentée par la désinformation, affecte la capacité du gouvernement à fournir des services publics et à mettre en œuvre des politiques.
    - (925.106): Les médias traditionnels utilisent de plus en plus Twitter comme source d'information.
    - (925.106): La désinformation sur les réseaux sociaux a un impact négatif sur l'efficacité des gouvernements.
    - (925.106): La pandémie a illustré l'impact de la désinformation, avec des manifestations contre les mesures sanitaires alimentées par les théories du complot.
    - (925.106): Les réseaux sociaux amplifient la défiance envers le gouvernement et la science, ce qui rend plus difficile la mise en œuvre de politiques publiques efficaces.
    - (925.106): L'opposition croissante aux politiques de transition climatique, même dans les pays riches, illustre l'impact de la désinformation.
- **L'utilisation des nouvelles technologies par les populistes** (1171.461 - 1424.234): Comparaison de l'utilisation des médias sociaux par les populistes d'aujourd'hui avec l'adoption des nouvelles technologies par les populistes des générations précédentes.
    - (1171.461): La méfiance envers le gouvernement, les experts, les scientifiques et les médias traditionnels s'accroît en raison de la transformation du paysage médiatique.
    - (1171.461): Les mouvements populistes exploitent les nouvelles technologies de communication, notamment les médias sociaux, pour diffuser leurs messages.
    - (1171.461): Les médias sociaux, bien qu'offrant une plateforme d'expression démocratique, sont utilisés par les populistes pour disperser l'attention du public.
    - (1171.461): La dispersion de l'attention rend difficile pour les gouvernements d'obtenir l'attention unie du public, nécessaire lors de moments critiques.
- **Les réponses potentielles des gouvernements à la transformation médiatique** (1424.718 - 1717.305): Discussion sur les réponses potentielles des gouvernements face aux défis posés par la transformation du paysage médiatique, y compris l'importance de maintenir une communication de qualité.
    - (1424.718): Les médias sociaux sont un outil de communication bidirectionnel, contrairement aux médias traditionnels unidirectionnels.
    - (1424.718): Les gouvernements utilisent l'attention dispersée sur les médias sociaux pour détourner l'attention de leurs échecs.
    - (1424.718): Les gouvernements utilisent les médias sociaux pour manipuler l'attention du public et détourner l'attention des faits.
    - (1424.718): Les régimes majoritaires sont plus enclins à abuser des médias sociaux en raison de leur système électoral, où un faible gain de voix peut entraîner un changement de pouvoir.
    - (1424.718): Les systèmes consensuels, en particulier ceux avec des systèmes électoraux proportionnels, rendent plus difficile le mensonge sur les partenaires de coalition potentiels, ce qui modifie la structure des incitations.
    - (1424.718): Le Danemark, un système politique consensuel, a collectivement évolué vers la droite sur la question migratoire, malgré son libéralisme politique général.
    - (1424.718): Dans les pays plus consensuels, la dispersion de l'attention a un coût collectif, et aucun acteur n'a intérêt à y contribuer.
- **L'impact des systèmes électoraux sur la dynamique politique** (1717.785 - 1915.139): Analyse de l'influence des systèmes électoraux majoritaires et consensuels sur la propension des acteurs politiques à utiliser la désinformation et à exploiter l'économie de l'attention.
    - (1717.785): Dans les systèmes présidentiels, un candidat peut être élu avec un peu plus de 50%, voire 48% dans certains pays. Au Royaume-Uni, la moyenne est de 35%.
    - (1717.785): Les électeurs peuvent se lasser des partis centristes et se tourner vers les extrêmes s'ils ne voient pas de différence entre la droite et la gauche modérées.
    - (1717.785): L'exemple de l'Argentine illustre ce phénomène : les électeurs se tournent vers des options non testées, comme Javier Milei, en raison de l'insatisfaction envers les partis traditionnels.
    - (1717.785): Le clivage politique actuel n'est pas tant entre la gauche et la droite, mais plutôt entre "l'establishment" et "l'anti-establishment".
    - (1717.785): La collusion perçue entre les partis centristes peut alimenter le sentiment d'abandon des électeurs et profiter aux extrêmes, notamment avec l'influence des réseaux sociaux.
    - (1717.785): L'augmentation des inégalités, la crise climatique et les catastrophes comme celle de Libye contribuent au sentiment d'échec des élites et à la montée des populismes.
    - (1717.785): La montée de Javier Milei en Argentine illustre la rapidité avec laquelle un candidat inconnu peut gagner en popularité dans ce contexte.
    - (1717.785): D'autres facteurs, comme le niveau d'éducation et l'égalité, influencent également les choix électoraux. Il est simpliste d'attribuer la montée des extrêmes à un seul facteur.
- **L'impact de la transformation médiatique sur les gouvernements sortants et les populistes** (1915.14 - 2101.784): Présentation de recherches sur l'impact de l'essor de l'internet mobile et du haut débit sur les gouvernements sortants et les partis populistes dans les régions subnationales européennes.
    - (1915.14): Une étude sur les élections dans 400 régions subnationales européennes de 2007 à 2018 montre que la montée du haut débit mobile et d'Internet a eu un impact sur les résultats des élections.
    - (1915.14): Les gouvernements sortants de centre-droit et de centre-gauche ont perdu des voix, tandis que les populistes d'extrême gauche et d'extrême droite en ont gagné.
    - (1915.14): Les populistes au pouvoir sont également vulnérables aux critiques des médias sociaux.
    - (1915.14): Il est difficile de changer le système électoral, et les gouvernements sortants sont confrontés à un paysage médiatique difficile.
    - (1915.14): Les politiciens traditionnels devraient résister à la tentation de rejoindre le mouvement populiste.
    - (1915.14): Ils devraient donner l'exemple et maintenir un débat politique de qualité, même si cela a un coût électoral.



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