# Les Filles du coin
**Date de l'événement :** 29/06/2022
* Publié le 29/06/2022

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**Écouter l'épisode :**
[Vidéo 1](https://player.ausha.co/?podcastId=oKG0xU7VPjGN&playlist=false&color=%2372238e&v=3&playerId=ausha-rP5i) 

## Description
En France,  22 millions de personnes vivent dans des territoires ruraux. Pourtant, on entend rarement parler de la situation des jeunes femmes vivant dans ces villes peu peuplées.

Dans cet épisode, **Yaëlle Amsellem-Mainguy**, sociologue chargée de recherche à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP), nous raconte ses rencontres avec ces jeunes femmes issues de milieux populaires qui lui ont raconté leur vie quotidienne, leurs relations amicales, familiales, amoureuses. 

📚 Ressources

*   Le livre de Yaëlle Amsellem-Mainguy : [Les Filles du coin. Vivre et grandir en milieu rural](https://www.pressesdesciencespo.fr/fr/book/?gcoi=27246100261570#h2tabFormats). (Presses de Sciences Po, 2021) 
*   L’enquête sur la jeunesse rurale de Nicolas Renahy : [Les Gars du coin](https://www.editionsladecouverte.fr/les_gars_du_coin-9782707160126)  (La Découverte, 2010)
*   L’enquête de Benoît Coquard sur les personnes qui continuent d’habiter dans les campagnes en déclin : [Ceux qui restent](https://www.editionsladecouverte.fr/ceux_qui_restent-9782348044472) (La Découverte,  2019)
*   Un article de Sophie Orange, Fanny Renard et Sofia Aouani sur [le capital d’autochtonie des jeunes femmes d’origine populaire et rurale](https://hal.archives-ouvertes.fr/halshs-02297730) (RFAS, 2019) 
*   Un article de Catherine Bunel et Quentin Francou sur [les aides parentales et les inégalités d’accès au permis de conduire](https://injep.fr/publication/les-aides-parentales-sources-dinegalites-dacces-au-permis-de-conduire/)  (2018)

## Intervenant(s)
Yaëlle Amsellem-Mainguy

## Intervenant(s) secondaires
Violette Toye

### Date de publication de l'épisode
29/06/2022

### Famille(s) de contenu
`#Recherche` 

### Type(s) de ressource
`#Audio` 

### Discipline(s)
`#Sociologie` 

### Thématique(s)
`#Genre / sexualité` 

### Objectif(s) de développement durable
`#5 - Égalité entre les sexes` 

### Langue(s)
`#Français` 

**Type(s) d'accès :** `#Accès libre` 

### Hébergeur(s)
`#Ausha` `#Apple Podcast` `#Podcast Addict` 

## Droits
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### Média externe associé : https://player.ausha.co/?podcastId=oKG0xU7VPjGN&playlist=false&color=%2372238e&v=3&playerId=ausha-rP5i

#### Résumé du média
<p>Ya&euml;lle Amsellem-Mainguy, sociologue, a men&eacute; une enqu&ecirc;te de terrain aupr&egrave;s de jeunes femmes vivant en milieu rural dans quatre r&eacute;gions fran&ccedil;aises : les Deux-S&egrave;vres, la Presqu'&icirc;le de Crozon, le massif de la Chartreuse et la Pointe des Ardennes. Le but &eacute;tait d'&eacute;tudier la continuit&eacute; des travaux en sociologie de la jeunesse, des mondes ruraux et des classes populaires, en se penchant sur l'impact du tourisme sur les discours des jeunes femmes issues de milieux populaires.</p>
<p>Selon Ya&euml;lle Amsellem-Mainguy, devenir une "fille du coin" implique une histoire familiale connue et reconnue localement. Ces jeunes femmes sont souvent identifi&eacute;es par leur nom de famille et b&eacute;n&eacute;ficient d'une reconnaissance sociale gr&acirc;ce au capital d'autochtonie, un r&eacute;seau de relations locales. &Agrave; l'inverse, celles qui sont marginalis&eacute;es, parfois qualifi&eacute;es de "cassos", sont souvent issues de familles pr&eacute;caires ou ayant eu des probl&egrave;mes dans le pass&eacute;, ce qui les exclut des r&eacute;seaux de solidarit&eacute;.</p>
<p>La route est un &eacute;l&eacute;ment central dans la vie de ces jeunes femmes. Elles connaissent toutes des personnes ayant eu des accidents et soulignent que l'acc&egrave;s &agrave; la mobilit&eacute; est genr&eacute;. D&egrave;s l'enfance, elles ont moins de libert&eacute; de d&eacute;placement que les gar&ccedil;ons et, &agrave; l'adolescence, elles sont moins nombreuses &agrave; poss&eacute;der un scooter ou une voiture. L'&eacute;cole joue un r&ocirc;le crucial dans leur socialisation. Si l'&eacute;cole primaire favorise le m&eacute;lange, le coll&egrave;ge marque une rupture avec le regroupement de diff&eacute;rents villages, source de tensions. Le lyc&eacute;e est per&ccedil;u comme une opportunit&eacute; de choisir ses amis par affinit&eacute; et, pour certaines, l'internat repr&eacute;sente une forme de d&eacute;cohabitation pr&eacute;coce.</p>
<p>L'insertion professionnelle est souvent difficile pour ces jeunes femmes, malgr&eacute; leur niveau de formation. Elles doivent accepter des emplois moins qualifi&eacute;s et sont confront&eacute;es &agrave; une forte concurrence. Le r&eacute;seau et la solidarit&eacute; locale jouent un r&ocirc;le important, ils permettent aux "filles du coin" d'&ecirc;tre privil&eacute;gi&eacute;es par rapport aux autres. Elles ont le sentiment d'&ecirc;tre moins consid&eacute;r&eacute;es que les jeunes des villes, notamment en raison des repr&eacute;sentations m&eacute;diatiques de la jeunesse. Bien qu'elles soient connect&eacute;es et utilisent les r&eacute;seaux sociaux, elles ont l'impression d'&ecirc;tre d&eacute;connect&eacute;es de l'image de la jeunesse actuelle, souvent associ&eacute;e &agrave; la vie urbaine et &agrave; la modernit&eacute;.</p>

#### Mots-clés du média
`filles du coin` `milieu rural` `jeunes femmes` `classes populaires` `inégalités territoriales`

#### Chapitres du média
- **Présentation de l'étude sur les jeunes femmes en milieu rural** (9.008 - 81.938): Yaëlle Amsellem-Mainguy présente son livre issu d'une enquête de terrain auprès de jeunes femmes vivant en milieu rural en France. Elle explique sa volonté de poursuivre les travaux en sociologie de la jeunesse et des mondes ruraux, en adoptant une approche différente de ses prédécesseurs.
    - (9.008): La France est un pays majoritairement rural (33% de la population française).
    - (9.008): Yaëlle Amsellem-Mainguy a mené une enquête auprès de femmes en milieu rural, qu'on surnomme parfois les "filles du coin".
    - (9.008): L'enquête a été menée dans 4 territoires ruraux : Deux-Sèvres, Presqu'île de Crozon, massif de la Chartreuse, Pointe des Ardennes.
- **Choix des territoires d'enquête : tourisme et réalités rurales** (82.516 - 160.353): Yaëlle Amsellem-Mainguy explique le choix de ses terrains d'enquête, combinant des zones touristiques et des territoires moins valorisés, afin d'étudier l'impact du tourisme sur le discours des jeunes femmes issues des classes populaires.
    - (82.516): Différence d'approche par rapport aux études précédentes sur le milieu rural.
    - (82.516): Avantage de ne pas faire partie du milieu rural pour naviguer dans différents espaces, touristiques et non touristiques.
    - (82.516): Questionnement sur l'impact du tourisme sur les discours des jeunes, en particulier les jeunes femmes issues des classes populaires.
- **Devenir une "fille du coin" : histoire familiale et reconnaissance locale** (179.1 - 253.491): Yaëlle Amsellem-Mainguy décrit le processus pour devenir une "fille du coin", qui repose sur une histoire familiale ancrée localement, une reconnaissance sociale par le patronyme et l'activation du capital d'autochtonie.
    - (179.1): On est identifié par son patronyme et sa lignée familiale. Être "la petite Dupin" apporte une reconnaissance sociale locale.
    - (179.1): Avoir de la famille proche est important. Le réseau local bénéficie à ceux qui y vivent.
    - (179.1): Le capital d'autochtonie est crucial pour les classes populaires.
- **La figure du "cassos" : marginalisation et précarité** (253.913 - 382.57): Yaëlle Amsellem-Mainguy explique que le terme "cassos" désigne les jeunes marginalisées en raison de la précarité de leur famille, de problèmes intergénérationnels ou de leur dépendance aux aides sociales, ce qui les exclut des réseaux sociaux locaux.
    - (253.913): Le mot « cassos » est utilisé pour désigner des figures repoussoires.
    - (253.913): Les filles populaires sont souvent liées aux figures locales importantes (club de foot, supermarché, associations).
    - (253.913): Les « cassos » sont marginalisés à cause de la précarité de leur famille et de leur dépendance aux aides sociales. Fréquenter les « cassos » est perçu comme un risque pour le capital de notoriété. 
    - (253.913): Les jeunes sont parfois tenus responsables des problèmes passés de leurs familles. Il y a l'idée de lignée et d'appartenance sur plusieurs générations, aussi le poids de grandir dans un espace local restreint.
- **Le rapport genré à la route : mobilité et inégalités** (402.113 - 530.437): Yaëlle Amsellem-Mainguy met en évidence le rapport genré à la route, où les filles ont moins de liberté de déplacement que les garçons dès l'enfance, avec moins d'accès aux scooters et aux voitures, ce qui renforce les inégalités.
    - (402.113): La route est un espace d'inégalité genrée, les filles ayant moins de droits de déplacement dès l'enfance.
    - (402.113): Les filles ont moins de scooters ou motos que les garçons à l'adolescence. Elles sortent avec des garçons plus âgés et motorisés pour se déplacer.
    - (402.113): Elles ont des scooters à moins grande capacité, limitant leur rayon d'action. Elles doivent économiser pour le permis et la voiture, contrairement aux garçons qui héritent souvent d'un véhicule.
    - (402.113): Cela a des conséquences sur leurs modes de déplacement et leur légitimité à se déplacer.
- **Rôle de l'école et de l'internat dans la socialisation** (531.75 - 702.05): Yaëlle Amsellem-Mainguy explique que l'école joue un rôle crucial dans la socialisation des jeunes en milieu rural, avec des bouleversements au collège et des opportunités au lycée, notamment grâce à l'internat qui favorise la décohabitation précoce et la construction d'un entre-soi adolescent.
    - (531.75): L'école est une institution très importante dans la socialisation des jeunes en milieu rural. Le collège bouleverse les groupes et les rapports sociaux, ainsi que l'identification d'où l'on vient.
    - (531.75): Le lycée offre un moment d'opportunité pour choisir ses amis par affinité et se détacher des relations imposées. 
    - (531.75): L'internat permet une décohabitation précoce et la construction d'un entre-soi adolescent.
- **Intégration professionnelle : déqualification et solidarité** (703.191 - 864.714): Yaëlle Amsellem-Mainguy décrit l'intégration professionnelle des jeunes femmes, souvent confrontées à la déqualification, à la concurrence et à la précarité, soulignant l'importance du réseau et de la solidarité locale pour l'accès à l'emploi.
    - (703.191): Les jeunes femmes sont souvent surqualifiées pour les emplois qu'elles trouvent. Le réseau et la solidarité sont essentiels pour l'accès à l'emploi.
    - (703.191): Il existe une forte concurrence pour les emplois. Beaucoup se sentent chanceuses d'avoir un emploi et acceptent des conditions précaires.
    - (703.191): La précarité de l'entrée dans l'emploi est longue et affecte l'autonomie.
- **Sentiment de relégation : dévalorisation et invisibilité** (865.12 - 973.601): Yaëlle Amsellem-Mainguy explique que les jeunes femmes en milieu rural ressentent un sentiment de relégation, car elles ne se reconnaissent pas dans les représentations médiatiques de la jeunesse et se sentent déconsidérées, sauf en cas de faits divers.
    - (865.12): Sentiment de relégation des femmes en milieu rural, car il y a une représentation médiatique de la jeunesse comme urbaine et privilégiée.
    - (865.12): Il y a un manque de reconnaissance dans les discours sur la jeunesse. Attention médiatique nationale limitée aux faits divers négatifs.
    - (865.12): La presse locale a un rôle crucial pour diffuser une image plus complète.
- **Connectivité et appropriation des technologies** (973.898 - 1158.272): Yaëlle Amsellem-Mainguy nuance l'idée d'une déconnexion des jeunes femmes en milieu rural, soulignant leur appropriation des technologies et leur capacité à contourner les difficultés de connexion pour maintenir des liens sociaux et poursuivre leurs passions.
    - (973.898): Les jeunes femmes en milieu rural sont perçues comme déconnectées, mais sont en réalité hyper connectées.
    - (973.898): Elles utilisent Internet pour leurs loisirs, passions et maintenir des liens sociaux. Elles sont conscientes des stéréotypes associés à la ruralité et à la déconnexion.
    - (973.898): Contrairement aux générations précédentes, elles maintiennent des réseaux sociaux actifs grâce à Internet, contre ces clichés.



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