# Femmes et frontières en Méditerranée
**Date de l'événement :** 09/12/2021
* Publié le 09/12/2021

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**Écouter l'épisode :**
[Vidéo 1](https://player.ausha.co/?podcastId=BqjRlc4OD2Rn&playlist=false&color=%2372238e&v=3&playerId=ausha-HJxc) 

## Description
La traversée de la mer Méditerranée est considérée comme l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde. Depuis 2014, plus de 2 millions de personnes ont entrepris cette traversée, environ 20% d’entre elles sont des femmes.

**Camille Schmoll** est géographe, directrice d’études à l'École des hautes études en sciences sociales. Dans cet épisode, elle revient sur les parcours migratoires et la vie des “damnées de la mer”, des femmes ayant survécu à la traversée de la Méditerranée.

📚 Ressources

*   Le livre de Camille Schmoll : [Les Damnées de la mer. Femmes et frontières en Méditerranée. (La Découverte, 2020)](https://www.editionsladecouverte.fr/les_damnees_de_la_mer-9782348041075)
*   Un article d’Emmanuel Ma Mung sur [le point de vue de l'autonomie dans l'étude des migrations internationales : "penser de l'intérieur" les phénomènes de mobilité](https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01075325)

## Intervenant(s)
Camille Schmoll

## Intervenant(s) secondaires
Violette Toye

### Date de publication de l'épisode
09/12/2021

### Famille(s) de contenu
`#Recherche` 

### Type(s) de ressource
`#Audio` 

### Discipline(s)
`#Géographie` 

### Thématique(s)
`#Genre / sexualité` `#Migration` 

### Objectif(s) de développement durable
`#5 - Égalité entre les sexes` 

### Langue(s)
`#Français` 

**Type(s) d'accès :** `#Accès libre` 

### Hébergeur(s)
`#Ausha` `#Apple Podcast` `#Podcast Addict` 

## Droits
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### Média externe associé : https://player.ausha.co/?podcastId=BqjRlc4OD2Rn&playlist=false&color=%2372238e&v=3&playerId=ausha-HJxc

#### Résumé du média
<p>Camille Schmoll, g&eacute;ographe et directrice d'&eacute;tudes &agrave; l'EHESS, explique ce qu'est la g&eacute;ographie f&eacute;ministe, un champ d'&eacute;tudes qui analyse la dimension spatiale des rapports de pouvoir, notamment de genre, en s'int&eacute;ressant aux &eacute;chelles fines comme le corps, l'espace domestique ou le quartier, pour comprendre les macro-&eacute;chelles et les rapports g&eacute;opolitiques. Son approche ethnographique des migrations se concentre sur les lieux fronti&egrave;res o&ugrave; les trajectoires des femmes migrantes sont interrompues, des lieux de contr&ocirc;le situ&eacute;s aux marges de l'Europe, servant de sas pour les populations traversant la M&eacute;diterran&eacute;e.</p>
<p>L'&eacute;tude de ces femmes, qui repr&eacute;sentent environ 20% des migrants traversant la M&eacute;diterran&eacute;e, permet de r&eacute;interroger les st&eacute;r&eacute;otypes sur les migrations et de rendre visible des exp&eacute;riences peu document&eacute;es. L'enqu&ecirc;te de Camille Schmoll r&eacute;v&egrave;le trois moments cl&eacute;s : le passage en Libye, souvent marqu&eacute; par l'emprisonnement et la violence sexuelle, la travers&eacute;e dangereuse de la M&eacute;diterran&eacute;e, et l'arriv&eacute;e en Europe, notamment en Italie, &agrave; Malte et en Gr&egrave;ce. Elle souligne que les difficult&eacute;s persistent apr&egrave;s l'arriv&eacute;e en Europe, o&ugrave; les femmes se retrouvent dans des situations semi-carc&eacute;rales, isol&eacute;es et priv&eacute;es de leur capacit&eacute; d'agir, en raison d'une approche europ&eacute;enne dissuasive des migrations qui n&eacute;glige l'accueil et l'int&eacute;gration.</p>
<p>Camille Schmoll adopte une approche transscalaire en &eacute;tudiant le corps, l'espace domestique et l'espace num&eacute;rique. Elle explique que les femmes tentent de contr&ocirc;ler les micro-&eacute;chelles du corps et de l'espace domestique pour d&eacute;velopper une forme d'autonomie face aux contraintes migratoires. L'espace num&eacute;rique est investi comme un lieu de nouveaux liens et de maintien du contact avec le pays d'origine, permettant la reconstruction de r&eacute;cits migratoires.</p>
<p>Enfin, Camille Schmoll d&eacute;veloppe le concept d'autonomie en tension, montrant comment les femmes, m&ecirc;me dans des contextes contraints, mettent en place des microformes de r&eacute;sistance &agrave; travers l'organisation collective et des tactiques corporelles, tout en n&eacute;gociant constamment les normes de genre lors de leur parcours migratoire. Elle insiste sur le fait que l'acte de migrer est en lui-m&ecirc;me un acte d'autonomie, permettant de nuancer une vision uniquement victimisante de ces femmes.</p>

#### Mots-clés du média
`migrations féminines` `géographie féministe` `traversée Méditerranée` `asile et migration` `autonomie en tension`

#### Chapitres du média
- **Introduction à la géographie féministe et son approche des migrations** (74 - 197.606): Camille Schmoll introduit la géographie féministe comme un champ d'études critique des biais androcentrés en géographie, s'intéressant à la dimension spatiale des rapports de pouvoir, notamment de genre. Elle explique comment l'analyse à des échelles fines (corps, espace domestique, quartier) révèle les macro-échelles des rapports géopolitiques et interroge les frontières entre sphères privée et publique.
    - (74): Critique du biais androcentré en géographie et intérêt pour la dimension spatiale des rapports de pouvoir.
    - (74): La géographie féministe s'intéresse aux échelles fines (corps, espace domestique, quartier) pour comprendre les macro-échelles.
    - (74): Analyse multiscalaire pour interroger les frontières arbitraires et l'opposition entre privé et public, social et familial, individuel ou collectif.
- **Méthodologie ethnographique mobile et multi-située dans l'étude des migrations** (208.587 - 382.786): Camille Schmoll décrit son approche ethnographique des lieux frontières où les trajectoires migratoires sont interrompues et contrôlées. Elle souligne l'importance d'observer différents lieux (centres de rétention, d'accueil temporaire, d'hébergement) situés aux marges de l'Europe, tout en suivant à distance le parcours des migrants au-delà des frontières européennes.
    - (208.587): L'ethnographie des migrations est devenue mobile et multilocalisée.
    - (208.587): L'étude se concentre sur les lieux frontières, points d'interruption et de contrôle des trajectoires migratoires des femmes.
    - (208.587): Les lieux étudiés incluent des centres de rétention et d'accueil aux marges sud de l'Europe, servant de sas pour l'UE.
    - (208.587): L'approche implique une observation prolongée et un suivi à distance des parcours migratoires pour établir les points communs et les différences entre ces lieux.
- **Focus sur les femmes migrantes : visibilité et réinterprétation des stéréotypes** (392.8 - 487.641): Camille Schmoll explique son choix de se concentrer sur les femmes migrantes, représentant environ 20% des personnes traversant la Méditerranée. Elle met en avant la nécessité de rendre visible cette population souvent invisibilisée et de réinterroger les stéréotypes sur les migrations à travers la diversité des expériences féminines.
    - (392.8): 2 millions de personnes ont traversé la Méditerranée depuis 2014, dont environ 20% de femmes.
    - (392.8): Les traversées irrégulières en Méditérannée ne représentent qu'une partie des migrations internationales.
    - (392.8): Les femmes migrantes ont tendance à s'invisibiliser. Étudier l'expérience des femmes permet de réinterroger les stéréotypes sur les migrations.
    - (392.8): Il y a peu de travaux sur les traversées méditerranéennes féminines.
- **Les étapes clés du parcours migratoire féminin et les difficultés persistantes en Europe** (521.873 - 716.546): Camille Schmoll identifie trois moments clés : le passage en Libye (emprisonnement, violence sexuelle), la traversée de la Méditerranée, et l'arrivée en Europe. Elle insiste sur le fait que les difficultés persistent après l'arrivée, notamment à cause d'une approche européenne dissuasive qui néglige l'accueil et l'intégration, conduisant à des situations semi-carcérales et des trajectoires d'errance.
    - (521.873): L'Europe privilégie une approche dissuasive des migrations, négligeant l'accueil et l'intégration. Les femmes migrantes vivent dans des situations semi-carcérales, isolées et surveillées.
    - (521.873): La durée des demandes d'asile est un problème, en particulier au sud de l'Europe, car elle les maintient dans ces conditions précaires.
    - (521.873): La Convention de Dublin maintient les femmes dans l'irrégularité pendant 18 mois (France) et les empêche de se déplacer librement.
    - (521.873): Les femmes migrantes devraient pouvoir se reconstruire en Europe, mais sont confrontées à des trajectoires d'errance.
- **Analyse transscalaire : corps, espace domestique et espace numérique comme lieux de contrôle et de résistance** (736.574 - 883.135): Camille Schmoll explique son approche transscalaire, étudiant le corps, l'espace domestique et l'espace numérique. Elle montre comment les femmes tentent de contrôler ces micro-échelles pour développer une forme d'autonomie face à la difficulté de maîtriser leur trajectoire migratoire. L'espace numérique est présenté comme un lieu de nouveaux liens et de reconstruction identitaire.
    - (736.574): Le corps et l'espace domestique sont des échelles où les femmes ont une emprise et développent une forme d'autonomie face aux difficultés de maîtriser leur trajectoire.
    - (736.574): L'organisation et l'aménagement de l'espace domestique, ainsi que les techniques du corps, permettent une forme de maîtrise sur la vie quotidienne, bien que ce soient des micro-stratégies.
    - (736.574): Le corps est un lieu de contrôle et de surveillance intense, créant un mélange problématique entre contrôle et accueil, mais aussi de résistance.
    - (736.574): L'espace numérique est un lieu d'établissement de nouveaux liens, de rencontres et de maintien du contact avec le lieu d'origine et les compagnons de voyage.
    - (736.574): Les réseaux sociaux sont utilisés pour mettre en scène sa propre migration et reconstruire des récits autour de la trajectoire migratoire, permettant d'aller de l'avant.
- **Le concept d'autonomie en tension : résistance et initiatives des femmes migrantes** (891.228 - 1026.416): Camille Schmoll développe le concept d'autonomie en tension, soulignant que même dans des contextes de forte contrainte, les femmes migrantes parviennent à développer des microformes de résistance à travers l'organisation collective et des tactiques variées. Elle insiste sur l'importance de considérer l'acte de migrer lui-même comme un acte d'autonomie, prenant ainsi de la distance avec une vision uniquement victimisante de la migration.
    - (891.228): Les femmes mettent en place des tactiques de résistance en s'organisant collectivement. Ces tactiques passent par le corps, la mobilité et l'utilisation de technologies pour maintenir un lien avec l'extérieur.
    - (891.228): L'autonomie se manifeste dès l'acte de migrer, qui est un choix malgré les difficultés. Il est important de ne pas réduire les femmes migrantes à une vision uniquement victimisante.
    - (891.228): Il faut considérer leurs initiatives, parcours et stratégies dans le processus migratoire.
- **Redéfinition des normes de féminité à travers les parcours migratoires : négociations et transgressions** (1036.736 - 1159.689): Camille Schmoll explique que les parcours migratoires sont des moments de négociation des normes de genre, mais que ces négociations sont complexes et peuvent entraîner des retours en arrière. Elle souligne que la migration est en soi une transgression des normes de genre, assignant traditionnellement les femmes à l'immobilité.
    - (1036.736): Se déplacer, c'est rencontrer et redéfinir les normes constamment. Le parcours migratoire peut contribuer à ces redéfintions, mais il peut y avoir des retours en arrière.
    - (1036.736): Les femmes peuvent gagner en autonomie sur certains plans et en perdre sur d'autres, malgré leur autonomie, sur des points tels que les violences sexuelles.
    - (1036.736): La migration reste une transgression des normes de genre.



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