# La vie quotidienne sous le nazisme
**Date de l'événement :** 28/10/2021
* Publié le 28/10/2021

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**Écouter l'épisode :**
[Vidéo 1](https://player.ausha.co/?podcastId=oax9mTZZmJv6&playlist=false&color=%2372238e&v=3&playerId=ausha-KiSg) 

## Description
“Le déclassement, l’exclusion et le meurtre des uns, reposaient sur la valorisation et la promotion des autres”. Dans cet épisode, **Elissa Mailänder**, associate professor au Centre d’histoire de Sciences Po, raconte le nazisme au prisme de l’histoire du genre. Elle revient sur la vie quotidienne des personnes vivant en Allemagne et en Autriche pendant le nazisme, des années 1930 aux années 1950, et explique pourquoi certaines personnes s’en souviennent comme la plus belle période de leur vie.

📚 Ressources  

*   Le livre d’Elissa Mailänder : [Amour, mariage, sexualité. Une histoire intime du nazisme (1930-1950) (Seuil, 2021)](https://www.seuil.com/ouvrage/amour-mariage-sexualite-une-histoire-intime-du-nazisme-elissa-mailander/9782021459241)
*   Une traduction en français de texte de Raewyn Connell : [Masculinités. Enjeux sociaux de l’hégémonie. (Éditions Amsterdam, 2014)](http://www.editionsamsterdam.fr/masculinites-2/)

## Intervenant(s)
Elissa Mailänder

## Intervenant(s) secondaires
Violette Toye

### Date de publication de l'épisode
28/10/2021

### Famille(s) de contenu
`#Recherche` 

### Type(s) de ressource
`#Audio` 

### Discipline(s)
`#Histoire` 

### Thématique(s)
`#Genre / sexualité` 

### Objectif(s) de développement durable
`#5 - Égalité entre les sexes` 

### Langue(s)
`#Français` 

**Type(s) d'accès :** `#Accès libre` 

### Hébergeur(s)
`#Ausha` `#Apple Podcast` `#Podcast Addict` 

## Droits
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### Média externe associé : https://player.ausha.co/?podcastId=oax9mTZZmJv6&playlist=false&color=%2372238e&v=3&playerId=ausha-KiSg

#### Résumé du média
<p>Dans ce podcast, Elissa Mail&auml;nder, chercheuse au Centre d'Histoire de Sciences Po, pr&eacute;sente son livre "Amour, mariage, sexualit&eacute;, une histoire intime du nazisme : 1930-1950", une &eacute;tude du nazisme &agrave; travers le prisme de l'histoire du genre, en se concentrant sur la vie quotidienne des Allemands et des Autrichiens ordinaires. Elle souligne que le quotidien, bien plus que la simple routine, englobe les pratiques sociales par lesquelles les individus s'approprient le monde et incarnent les politiques, que ce soit au travail, en famille, entre amis, ou dans les loisirs. Elle pr&eacute;cise que cette notion de quotidien est surtout valable pour ceux qui jouissaient d'une certaine stabilit&eacute; &eacute;conomique et mentale au sein de la soci&eacute;t&eacute; majoritaire nazie.</p>
<p>L'approche d'Elissa Mail&auml;nder se base sur une analyse approfondie de diverses sources, allant des listes de courses aux documents administratifs, en passant par les journaux intimes, les albums photos, les films de divertissement et les discussions dans les magazines. Elle explique que son objectif est de comprendre ce qui a rendu le Troisi&egrave;me Reich attractif pour des millions de personnes. Contrairement &agrave; l'image d'un r&eacute;gime totalitaire rigide, elle montre que beaucoup ont v&eacute;cu cette p&eacute;riode comme un moment d'&eacute;panouissement, saisissant les opportunit&eacute;s offertes par le nazisme, notamment en mati&egrave;re d'emploi et d'ind&eacute;pendance financi&egrave;re pour les femmes.</p>
<p>L'historienne aborde &eacute;galement le r&ocirc;le des femmes en tant que m&egrave;res dans l'id&eacute;ologie nazie, soulignant l'importance accord&eacute;e &agrave; la maternit&eacute; et &agrave; la procr&eacute;ation pour cr&eacute;er des foyers racialement et culturellement responsables. Elle explique comment le r&eacute;gime encourageait les femmes &agrave; s'investir dans un projet politique plus large, allant du choix des meubles &agrave; l'&eacute;ducation des enfants, tout en offrant des incitations financi&egrave;res et symboliques &agrave; la maternit&eacute;.</p>
<p>Enfin, Elissa Mail&auml;nder explique pourquoi elle a choisi d'&eacute;tudier le nazisme sur une p&eacute;riode allant de 1930 &agrave; 1950, d&eacute;cloisonnant ainsi les bornes chronologiques traditionnelles. Elle met en &eacute;vidence trois traits caract&eacute;ristiques du nazisme : son offre &eacute;clectique, sa capacit&eacute; &agrave; offrir une exp&eacute;rience individuelle tout en encadrant les individus, et sa nature de dictature qui ne s'est pas enti&egrave;rement consum&eacute;e en 12 ans. Elle souligne que le nazisme ne s'arr&ecirc;te pas en 1945 et que de nombreux individus ont continu&eacute; &agrave; vivre avec une m&eacute;moire familiale positive de cette p&eacute;riode. Elle &eacute;voque &eacute;galement la transformation de la masculinit&eacute; apr&egrave;s 1945, avec l'&eacute;mergence d'une masculinit&eacute; pacifi&eacute;e, ax&eacute;e sur la reconstruction et la famille, sans pour autant remettre en question les crimes de guerre. Elle explique son choix de ne pas utiliser le terme "totalitaire" pour d&eacute;crire le r&eacute;gime nazi, car elle observe une grande cr&eacute;ativit&eacute; et une prise d'initiative au ras du sol, o&ugrave; les individus s'approprient le syst&egrave;me politique et contribuent &agrave; sa coh&eacute;sion interne.</p>

#### Mots-clés du média
`histoire intime et politique` `genre et troisième Reich` `Allemagne nazie` `femmes et nazisme` `masculinité post-nazisme`

#### Chapitres du média
- **Contexte historique et introduction d'Elissa Mailänder** (8.776 - 129.131): Présentation du contexte historique de l'Autriche et de l'Allemagne des années 1930 à 1950, marquée par la montée du nazisme et l'Anschluss. Introduction d'Elissa Mailänder, chercheuse et auteure du livre "Une histoire intime du nazisme : 1930-1950", qui étudie le nazisme à travers l'histoire du genre.
    - (8.776): Contexte de crise économique et montée du nazisme en Autriche et en Allemagne. Dictature austro-fasciste mise en place par Engelbert Dollfuss en 1933.
    - (8.776): Assassinat de Dollfuss en 1934 et montée en puissance du nazisme en Autriche. Anschluss et rattachement de l'Autriche au Troisième Reich.
    - (8.776): Années de dictature et de guerre basées sur une idéologie raciste, antisémite et homophobe, puis capitulation du Troisième Reich et processus de dénazification.
    - (8.776): Présentation du livre d'Elissa Mailänder sur l'histoire intime du nazisme.
- **Définition du quotidien et son importance dans l'étude du nazisme** (139.928 - 222.134): Elissa Mailänder définit le quotidien comme les pratiques sociales à travers lesquelles les individus s'approprient le monde et incarnent les politiques. Elle souligne que le quotidien implique une stabilité matérielle et émotionnelle, absente pour les victimes du régime nazi. Elle explique comment les Allemands ordinaires ont adhéré au système politique à travers leurs pratiques quotidiennes.
    - (139.928): Le quotidien est plus que la routine, c'est l'appropriation du monde et l'incarnation des politiques par les pratiques sociales.
    - (139.928): Il faut se demander qui a un quotidien, surtout en dictature raciste. Le quotidien requiert une possibilité matérielle et émotionnelle de mener une vie viable et de se projeter dans un futur supportable.
    - (139.928): Les hommes et les femmes de la société majoritaire nazie profitent d'une vie quotidienne stable. Les gens ordinaires adhèrent au système politique par leurs pratiques sociales au quotidien.
- **Méthodologie de recherche : sources et approche** (229.509 - 347.135): Elissa Mailänder explique sa méthodologie de recherche, basée sur une grande variété de sources (journaux intimes, photos, films, magazines, jugements) et une approche incarnée de l'histoire. Elle souligne son objectif de comprendre ce qui a rendu le Troisième Reich attractif pour des millions de personnes.
    - (229.509): Aucune source n'est trop banale, incluant listes de courses et documents administratifs. L'approche se concentre sur les acteurs historiques et leur vie concrète.
    - (229.509): Le livre vise à faire une histoire incarnée de la communauté du peuple race, ancrée dans les pratiques sociales.
    - (229.509): Chaque chapitre est basé sur un carottage profond appuyé sur divers types d'archives. La constitution du corpus s'est faite de manière organique, influencée par des images et des trouvailles.
    - (229.509): La motivation principale de la chercheuse est de comprendre ce qui a rendu le Troisième Reich attractif.
- **Le nazisme comme source d'épanouissement pour certains** (347.428 - 375.817): Elissa Mailänder nuance l'image d'un régime nazi totalitaire et montre comment des Allemands et Autrichiens ont vécu cette période comme un moment joyeux. Elle explique que le nazisme offrait des opportunités d'épanouissement à ceux qui correspondaient aux critères raciaux et eugénistes, créant une société de bien-être pour la "communauté du peuple race".
    - (347.428): La chercheuse remet en question de la représentation que nous avons d'un régime nazi totalitaire et abstrait, dans lequel personne ne trouve de joie.
    - (347.428): De nombreux Allemands et Autrichiens ont vécu la période nazie comme un moment joyeux.
    - (347.428): La société nazie était ségrégationniste et meurtrière, mais offrait un bien-être à la "communauté du peuple race" en excluant les autres.
- **Opportunités professionnelles pour les jeunes femmes sous le nazisme** (455 - 523.7): Elissa Mailänder détaille les opportunités professionnelles offertes aux jeunes femmes autrichiennes pendant le nazisme, notamment dans les métiers de la petite enfance ou dans le service du travail du Reich féminin. Ces opportunités leur permettaient d'acquérir une indépendance financière, de voyager et de créer des réseaux sociaux.
    - (455): Le nazisme offrait des opportunités professionnelles aux jeunes femmes autrichiennes.
    - (455): Ces femmes pouvaient devenir financièrement indépendantes et voyager.
    - (455): Le nazisme a été une expérience marquante pour le développement personnel et professionnel de ces femmes.
- **Le rôle des femmes en tant que mères dans l'idéologie nazie** (524.2 - 685.35): Elissa Mailänder explique comment le nazisme a mis en place un programme ambitieux de formation à la maternité, considérant la famille comme la plus petite cellule politique de l'État. Elle souligne que le nazisme s'est approprié des idées préexistantes sur l'hygiène et la famille, en y ajoutant une dimension raciste et eugéniste. Elle décrit les mesures incitatives mises en place pour encourager la natalité.
    - (524.2): Le nazisme lance un programme de formation à la maternité, la famille y étant perçue comme la plus petite cellule politique de l'État.
    - (524.2): Les femmes doivent être instruites pour éduquer leurs enfants et leurs époux à être nazis. Le nazisme s'investit dans le foyer familial avec des objectifs politiques spécifiques, comme l'hygiène raciste.
    - (524.2): En 1933, un prêt au mariage est instauré, remboursable en ayant des enfants. La fête des mères est instaurée comme fête nationale en 1934. La croix d'honneur est décernée aux mères allemandes.
- **Périodisation atypique de l'étude du nazisme (1930-1950)** (685.491 - 785.726): Elissa Mailänder justifie sa périodisation atypique (1930-1950), qui décloisonne les bornes chronologiques traditionnelles du nazisme (1933-1945) et inclut l'Autriche. Elle souligne que le nazisme a été une expérience dynamique et motivante pour la société majoritaire, en particulier pour les jeunes.
    - (685.491): Périodisation atypique du nazisme : 1930-1950, incluant l'Autriche. Pour Mailänder, le nazisme en guerre diffère du nazisme d'avant 1938, donnant une autre valence politique au projet nazi.
    - (685.491): Le nazisme fut une expérience dynamique et motivante, surtout pour les jeunes (nés entre 1910 et 1926). Ces jeunes ont porté le projet nazi en prenant des responsabilités dans l'armée et les organisations nazies.
    - (685.491): En se concentrant sur le quotidien et les relations genrées, Mailänder saisit les dynamiques d'une société ségrégationniste et radicale.
- **Le nazisme après 1945 : persistance et transformation** (786.023 - 917.559): Elissa Mailänder avance la thèse que le nazisme ne s'arrête pas en 1945, car 12 ans au pouvoir n'ont pas suffi à épuiser son attractivité. Elle identifie trois traits caractéristiques du nazisme : son offre éclectique, sa capacité à offrir une expérience individuelle tout en encadrant les individus, et sa nature de dictature inachevée. Elle souligne l'existence d'une mémoire familiale positive du nazisme, qui peut coexister avec la mémoire nationale.
    - (786.023): Le nazisme ne s'arrête pas en 1945. Mailänder isole troit traits caractéristiques : offre éclectique, expérience individuelle encadrée, et attractivité non épuisée.
    - (786.023): Premièrement, l'offre du nazisme était éclectique : tout le monde trouve son bonheur, peu de choses sont inventées mais beaucoup sont réappropriées avec une marque nazie.
    - (786.023): Deuxièmement, le nazisme  offrait une expérience individuelle tout en encadrant les membres de la société.
    - (786.023): L'idéologie nazie était réappropriée et modifiée au sein des familles et entre amis.  Il exploitait les médias sociaux de l'époque et laissait aux gens leur propre opinion.
    - (786.023): Troisièmement, une dictature de 12 ans n'est pas entièrement consumée et garde une attractivité.
    - (786.023): Certains ont vécu cette période comme valorisante et motivante. Il existe une mémoire familiale positive du nazisme qui coexiste avec la mémoire nationale.
- **Transformation de la masculinité hégémonique après 1945** (917.856 - 1095.312): Elissa Mailänder explique la transformation de la masculinité hégémonique après 1945, passant d'une masculinité guerrière et martiale à une masculinité pacifiée, incarnée par le pater familias et l'homo faber. Elle souligne que cette masculinité pacifiée ne remet pas en question les crimes de guerre ou le génocide, la société allemande restant préoccupée par ses propres problèmes et la reconstruction du pays.
    - (917.856): La masculinité hégémonique est la masculinité la plus valorisée par une société. Pendant l'époque nazie, la masculinité guerrière et martiale était dominante.
    - (917.856): Après 1945, une masculinité pacifiée émerge, axée sur la famille et la reconstruction.
    - (917.856): Les masculinités pacifiées ne remettent pas en question les crimes de guerre ou les génocides.
    - (917.856): La société allemande se concentre sur la reconstruction et la vie familiale après la guerre.
- **Refus du terme "totalitaire" pour décrire le régime nazi** (1095.57 - 1231.072): Elissa Mailänder explique pourquoi elle n'utilise pas le terme "totalitaire" pour décrire le régime nazi, car elle observe une grande créativité et une prise d'initiative au ras du sol, plutôt qu'une simple domination des individus par le régime. Elle souligne que les pratiques sociales des individus, même les plus intimes, ont contribué à la cohésion de la "communauté du peuple race" et à la légitimation du nazisme.
    - (1095.57): Le terme totalitaire n'est pas utilisé pour décrire le régime nazi car la chercheuse a une approche différente d'Hannah Arendt.
    - (1095.57): Les individus ne sont pas seulement dominés, mais font preuve de créativité et d'initiative au sein du nazisme.
    - (1095.57): Les actions individuelles, même les quêtes personnelles, ont une signification et contribuent à la cohésion de la communauté. Vivre avec, même en faisant l'autruche, a contribué à sa légitimation.
    - (1095.57): Dans une société violente et génocidaire, il n'y a pas de place pour l'en dehors. Les initiatives individuelles, petites ou grandes, font vivre et incarnent le nazisme.



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